La voix intérieure

LA VOIX INTÉRIEURE

Enregistré sous un pont, "Hotel Bravo" est le premier album de Napoleon Washington. Une musique rugueuse et vraie sur laquelle souffle l'esprit du blues le plus pur. Dans une autre vie il ...La voix intérieure*Interview, Le Nouvelliste* Enregistré sous un pont, "Hotel Bravo" est le premier album de Napoleon Washington. Une musique rugueuse et vraie sur laquelle souffle l'esprit du blues le plus pur. Dans une autre vie il s'appelait Raph Bettex. Dites maintenant Napoleon Washington, noms choisis comme se les choisissaient les Noirs afro-américains enfin libérés de l'esclavage. Raph Bettex s'est libéré d'une musique électrique pour puiser au tréfonds de lui-même ses racines. Des racines proches de celles du Delta aux confins des mondes hantés. Des racines acoustiques, "plus organiques", dit-il. Napoleon a alors pu engendrer un fils de cette introspection: Hotel Bravo. Un album enregistré sous l'arche d'un pont, aux abords d'une gare de marchandises. On est là en plein dans la tradition Hobo, des Noirs montés au nord espérant un avenir meilleur. Pourtant, Napoleon Washington se défend bien de vouloir jouer les influences passéistes. Il joue juste ce qu'il est. Un blues inspiré, incantatoire. Il y a du vaudou chez lui. Deux mondes s'y côtoient: tradition et modernisme, une alchimie universelle. A l'ère du règne du binaire, de la techno, comment se prend-on d'amour, pour le blues et qui plus est pour un blues rural? Quand je suis tombé amoureux du blues en général, c'était bien avant l'ère de la musique binaire. Je ne sais pas comment ça a commencé. C'est petit à petit en découvrant des trucs, comme ça par la petite porte et toujours en affinant. On s'approche de plus en plus, un peu comme tu suis une lumière, mais la distance nous la fait voir comme un petit point. Tu ne sais pas quelle taille il a parce que tu ne l'atteins jamais. C'est comme ça que j'ai passé du blues électrique à un blues acoustique, à quelque chose de plus primitif, plus organique en continuant d'avancer. Avez-vous l'impression d'avoir touché à la lumière? C'est beaucoup dire, mais j'ai au moins l'impression d'avoir trouvé ce que je cherchais depuis longtemps avec cette guitare à résonateur, j'ai trouvé le truc que je devais probablement chercher depuis longtemps. J'ai l'impression que je suis arrivé à quelque chose, qui peut encore se développer et continuer à grandir. J'ai enfin trouvé le terrain dans lequel je voulais planter cette graine. Vous vous sentez faire partie d'une école particulière dans le blues? Oui, mais pas forcément dans le genre où on s'y attendrait. Le plus important pour moi est de faire du blues contemporain. Vous avez un son très traditionnel pourtant... Faire un truc d'aujourd'hui ça ne veut pas forcément dire mettre de côté tout ce qui s'est fait avant. En revanche, j'ai vécu en écoutant des musiques à la radio qui ont des particularités propres. En enregistrant les maquettes on s'est rendu compte que toutes les chansons étaient pensées "format radio", construites avec des refrains, un timing. Déjà en cela tu peux dire que ce ne sont pas des chansons copies conformes des années trente. L'autre chose, c'est qu'il n'y a aucune idée de faire quelque chose de passéiste ou de moderniste. Tout doit s'équilibrer et ça c'est moi. Pensez-vous que le blues est une vieille grand-mère à l'agonie? Ce serait une immense connerie que de dire ça, il y a des milliers de disques de blues qui sortent chaque année aux Etats-Unis. La situation est ainsi: le blues se porte très bien mais plus ou moins ailleurs qu'ici. Ici il se porte ni mal ni bien, il ne se porte quasiment pas, parce que la télévision, la radio ou les lieux de spectacles ne le programment pratiquement pas. Parce qu'il n'est pas dans notre culture. Ça ne sert à rien de pleurnicher ou de dire que c'est dégueulasse. Si cet état de fait t'est insupportable, barre-toi. Ou fais avec. Ne sentez-vous pas une forme de racisme à l'envers, quand vous envoyez une lettre à Bruce Iglauer, patron des disques Alligator et qu'il vous réponde: "Votre disque est superbe, vous chantez et jouez bien mieux que bon nombre d'artistes américains, mais qu'il n'y a pas de place pour vous sur son label, parce que vous êtes... Européen et de surcroît blanc?" C'est vrai, aujourd'hui cette musique appartient autant au Noir qu'au Blanc, mais elle a un parcours, elle vient des Noirs, j'aurais mauvaise grâce à tout niveler. Là encore c'est un état de fait, difficile d'ouvrir un marché pour une personne aux Etats-Unis. Toutefois, si l'on a le moyen de le mettre aux Etats-Unis dans des bacs, les gens ne vont jamais se dire: "C'est un disque de Suisse." C'est un disque de musique. et l'internet permet d'avoir des bacs virtuels. Est-ce que ce style de musique a influé sur votre manière de vivre? C'est même plus que ça, c'est un tout. Dans ma manière de vivre il n'y a pas un chapeau ou un manteau de bluesman que je mettrais pour faire de la musique et que j'enlèverais le reste du temps. J'ai un rapport très fort avec cet instrument qui a un sale caractère. C'est une espèce de bronco qu'il faut dompter, à qui il faut montrer qui commande. Quand tu as passé cinq heures, une journée à la maîtriser, tu penses que tu as fini et tu la remets dans son étui. Mais ce n'est que cinq heures d'une journée qui en comprend vingt-quatre... Et tu te rends compte que les dix-neuf autres, c'était ta guitare qui te commande, qui décide de ce que tu peux t'offrir à manger, quand tu peux aller te coucher. Il y a un répondant de l'un à l'autre. C'est donc un tout. Ma vie est en entier là-dedans aujourd'hui. Didier Chammartin/Le Nouvelliste **Website created by Artinbox Multimedia.© 2010 - Napoleon Washington - Napoleon Washington
La voix intérieure
Enregistré sous un pont, "Hotel Bravo" est le premier album de Napoleon Washington. Une musique rugueuse et vraie sur laquelle souffle l'esprit du blues le plus pur. Dans une autre vie il ...

NAPOLEON WASHINGTON (Official Website)
About the Five Blind Boys from the Parish | A (modest but) comprehensive discography | Blues de Traverse, Cléon (Rouen) | Blues Café | Blues de Traverse | Blues et technique: des noces d'or ! | Blues surpassé | Bottes Ouest, âme Sud | Cahors Blues festival | Cahors Blues Festival | Napoleon Washington, coup de coeur | De guitariste de blues à bluesman | Discographie (modeste mais) complète | Du blues en toute liberté | Euro Blues | Frissons de blues avant la fin | Napoleon Washington : Hotel Bravo | Homegrown | Homegrown | Napoleon Washington, Homegrown | Just a Bluesman | La dernière conquête de Napoleon Washington | Larry's Short Takes | La voix d'un médium | Le disque de la semaine | Le Grand Théâtre de Napoleon Washington | L'empire de Napoleon Washington | Le souffle hanté | Les voies du Blues | Mad Man | Mille jours avec ma guitare | Musique organique | Napoleon Washington | Napoleon Washington, opus premier | Napoleon Washington : what about that name ? | Une bio rapide | A condensed bio | Napoleon Washington : pourquoi ce nom ? | Premier disque de Napoleon | Respect | Serious Acoustic Blues | The Five Blind Boys from the Parish | The Road To Washington | The Washington TV ! | The Washington TV ! | Un CD Noir étincelant | Un voyage avec air conditionné | Archives : The Washington Theater | Archives : Le Washington Theater | Washington en concert à Caen