Napoleon Washington
Pressclips / Extraits de presse

Homegrown
Un CD Noir étincelant Virus de Blues

 

Homegrown
Blues surpassé Gauchebdo, mai 06

 

Homegrown
Journal du matin / Le disque de la semaine (Radio Suisse Romande La Première, fév. 06)

 

Homegrown
La voix d'un médium (La Liberté, fév 06)

 

Homegrown
Larry's Short Takes (Twelve-Bar Rag, FL USA, feb 06)

 

Rencontre
Bottes Ouest, âme Sud (La Liberté, Magazine, fév 06)

 

Rencontre
«Mille jours avec ma guitare...» (Coopération, avril 06)

 

Homegrown
Du blues en toute liberté (L'Impartial/L'Express, nov. 05)

 

Rencontre
La dernière conquête de Napoleon Washington (Crossroads, fév 06)

 

Homegrown
Musique organique (Crossroads, mars 06)

 

Interview
Le souffle hanté (Le Nouvelliste, fév. 06)

 

Interview
The Road to Washington (Twelve-Bar Rag, FL USA / La Hora del Blues, Spain, nov 06)

 

Homegrown
«Homegrown» (dur-dur.ch, avril 06)

 

Homegrown
“Homegrown” (Peppermint-blues, fév 06)

 

The Washington Theater
Le grand théâtre de Napoleon Washington (Peppermint-blues, fév 06)

 

Homegrown
Mad Man (L'Oreille Bleue, mars 06)

 

Compte-rendu / Concert
Washington en concert à Caen (L'oreille Bleue, mai 05)

 

Hotel Bravo
Chroniques: Napoleon Washington, coup de coeur (bluesmagazine.net, jan 05)

 

Interview
Blues Café (Couleurs FM, Lyon 97.1FM, déc 04)

 

Chronique
Respect (Trois Rivières Blues, déc 04)

 

Concert
Frissons de blues avant la fin (24 Heures)

 

Rencontre
Just a Bluesman (Crossroads, déc 04)

 

Interview
Cahors Blues festival : entretien (Blues & Co, nov 04)

 

Compte-rendu / Concert
Blues et technique: des noces d'or! (L’Express/L’Impartial, oct 04)

 

Concert
Un voyage avec air conditionné (L’Express/L’Impartial, oct 04)

 

Compte-rendu / festival
Cahors Blues Festival (Soul Bag, Sept 04)

 

Hotel Bravo
Serious Acoustic Blues (12-Bar Rag, FLA/USA, april 03)

 

Hotel Bravo
Euro Blues (Soul Bag, mars 03)

 

Compte-rendu / festival
Blues de Traverse (Soul Bag, mars 03)

 

Rencontre / Hotel Bravo
Les voies du Blues (Coopération n° 9, fév 03)

 

Hotel Bravo:
Premier disque de Napoleon (Rock & Folk, fév 03)

 

Hotel Bravo
De guitariste de blues à bluesman (Nouvelliste, fév 03)

 

Interview
La voix intérieure (Nouvelliste, fév 03)

 

Hotel Bravo
Napoleon Washington, opus premier (L’Express/L’Impartial, déc 02)

 

Hotel Bravo
Napoleon Washington: Hotel Bravo (24 heures, nov 02)

 

Interview
Napoleon Washington (L’Oreille Bleue, nov 02)

 

Compte-rendu / festival
Blues de Traverse, Cléon (Rouen) (L’Oreille Bleue, nov 02)

 

Reportage / enregistrement Hotel Bravo
L'empire de Napoleon Washington (L’Express/L’Impartial, août 02)

 


Homegrown
Un CD Noir étincelant


Satan a laissé Napoléon Washington déserter la Suisse pour rejoindre Brooklyn avec pour bagages ses guitares et les onze titres de ce Homegrown longuement prédigéré. Washington avait épaté il y a quelques années avec Hotel Bravo, enregistré sous un pont routier. Un album prenant, sombre et mystérieux où brillaient les notes métalliques de sa guitare à resonator dans un univers contemporain très personnel. C'est accompagné d'un groupe au rendu minimaliste que le romand donne vie en studio à cette suite logique toute aussi réussie. Napoléon s'impose en artisan compositeur d'une musique roots universelle inspirée, non datée, aux sonorités particulièrement léchées. Une musique issue de cultures différentes mais sans références palpables, aussi intime qu'émotionnelle. Une musique qui possède la force rare de parler d'elle même !
Un CD Noir étincelant.
Jean-Pierre Savouyaud


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Homegrown
Blues surpassé


Avec « HOMEGROWN », l’artiste romand atteint la plein maturité

Le chanteur-guitariste chaux-de-fonnier Napoleon Washington livre un opus qui transcende le genre

C’était il y a déjà trois ans. Le nom de Napoleon Washington est apparu dans les médias. L’homme avait publié son premier disque, intitulé «Hotel Bravo», enregistré sous un pont, afin d’obtenir un son plus authentique, plus proche de la réalité quotidienne d’un musicien de Blues. Les commentaires, à l’époque, furent unanimes pour rendre compte d’une prestation hors norme de Blues acoustique, proche des racines sudistes du genre. L’auteur s’exprimait, la plupart du temps seul à la guitare et au chant, tout en recourant parcimonieusement à l’accompagnement de quelques musiciens amis (aux chœurs, à la basse, à la batterie…).

Trois ans de solitude
A partir d’une telle réussite, il semblait difficile de faire mieux encore. Pourtant, Napoleon Washington, avec son nouvel album, intitulé «Homegrown» (littéralement «ce qui croît à la maison») s’est surpassé. Il faut dire qu’il a pris le temps de travailler encore mieux son jeu de guitare (était-ce possible ?), qu’il a su s’entourer de musiciens plus rôdés dans leur métier (sans pour autant jeter la pierre à ses premiers accompagnateurs). Il s’en explique lui-même dans divers interview parues dans la presse, argumentant avoir passé ces trois années en tête-à-tête avec sa guitare…

Accents vaudous
«Homegrown» demeure fidèle à « Hotel Bravo », dans la mesure où le son demeure très attaché aux racines du Blues. Une certaine professionnalisation du travail d’orchestration et de la composition ainsi qu’un plus grand recours aux ressources des musiciens appelés à le seconder caractérise ce second album. Il a été enregistré à New York, à la suite de longues tournées aux Etats-Unis, puis mixé à La Chaux-de-Fonds.
Le son de ce nouvel album est incontestablement plus solide, plus travaillé, plus proche d’un travail de groupe que d’un auteur seul. Plus électrifié aussi. Si l’on pouvait, éventuellement, reprocher à Napoleon Washington d’être trop proche de ses modèles lors de la parution de son premier disque, il n’est plus possible ici de lui adresser ce grief.
Mais «Homegrown» surpasse «Hotel Bravo», dans la mesure où l’album transcende le genre et où son auteur dissimule encore moins ses sympathies pour les créateurs du Blues, des noirs arrachés de leur Afrique d’origine et contraints à subir l’esclavage. C’est ainsi que la musique des cérémonies vaudoues sont respectueusement intégrées à ses compositions (sur «Single-Sided Coin») sans que cela nuise au style de l’album.
D’autres titres méritent d’être cités ici, tel «Crucify Yourself» qui démontre combien il est dérisoire d’essayer de se justifier soi-même à tout prix.
Certes, diront certains esprits chagrins, les textes de Napoleon Washington sont tristes, mais ils ne cèdent jamais au défaitisme. Ils témoignent d’une réalité quotidienne et l’enrichissent. Et sa musique, son jeu de guitare, sa voix rauque à la Tom Waits, démontrent que le Blues d’origine a toujours sa place aujourd’hui.
Jean Grin


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Homegrown
Journal du matin / Le disque de la semaine


(...) Je crois qu’on ressemble à sa musique. Partant de ce principe, je pense que Napoleon Washington est quelqu’un de franc, d’authentique, de sincère, de pas frimeur pour un rond. Et je le redis, pas seulement à cause de son premier album et pas seulement à cause de son deuxième album, qui sont tous les deux des disques remarquables; je dis que si ce type était américain, il aurait les honneurs de la presse mondiale, voilà ce que je pense (...)
Pierre-Philippe Cadert


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Homegrown
La voix d'un médium


Sous un ciel d'orage, la guitare soulève la poussière de la piste avant que la voix n'entre en scène au moment du premier éclair. L'hypnotique «Ain't Nobody» ouvre de manière idéale «Homegrown», ce nouvel album de feu qui capte la vibration intense de la musique sudiste sans jamais chercher à la singer. Et la suite, hantée par des choeurs ou des percussions vaudous, une reprise de Skip James («Illinois Blues») à faire tomber les démons et les anges de leur perchoir et des guitares qui s'enroulent tels des crotales autour d'une voix pure et grave, est du même calibre. A l'écoute de cet opus aussi gothique qu'un roman de Flannery O'Connor, dépourvu de la moindre note inutile, on réalise que Napoléon Washington agit en médium. A la manière des grands maîtres de cérémonie soniques (Morrison, Cantat, Treichler), il fait passer à travers sa bouche les voix des esprits intemporels du blues, du folk, du rock et de la soul. C'est tout simplement inouï...
Le site www.napoleonwashington.com offre aux visiteurs la possibilité de visionner un concert savamment mis en scène qui permet de se faire une idée de l'altitude à laquelle évolue ces jours-ci un musicien hors norme.
Jean-Philippe Bernard


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Homegrown
Larry's Short Takes


Swiss bluesman Napoleon Washington continues to explore the roots and branches of the blues on his second release. An even dozen originals along with the Skip james classic, "Illinois Blues", make up this delightful package. Napoleon is firmly rooted in the blues but approaches his music with a decidedly modern approach. His raspy vocals and haunting resophonic guitar harken bluesmen of the past, but his 21st century style make it all his. Napoleon's songs rarely follow a 12-bar format but to not classify it as blues would be a disservice as his music is as searching as the Charley pattons and Son Houses of their era. You can pick this CD on his website at www.napoleonwashington.com. Check out The Washington Theater while you're at it and see the blues come to life.
Larry Lisk


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Rencontre
Bottes Ouest, âme Sud


Sur un second album renversant, le musicien chaux-de-fonnier capte l'intense vibration de la musique sudiste. Rencontre.

En 2003, dès le milieu du printemps, le soleil s'est mis à briller du matin au soir, comme dans une de ces chansons composées autrefois sur les bords du Mississippi. Et comme dans «Tick Tick Tick», le film méconnu de Ralph Nelson, le thermomètre a commencé à grimper sans jamais redescendre, nous permettant au passage de nous faire une idée plus juste de ce qu'est la vie en Alabama ou en Louisiane. Et la nuit, c'était encore mieux: les portes et les fenêtres ouvertes on écoutait en boucle 2 albums collant parfaitement à la situation. «Belly of The Sun» de Cassandra Wilson et surtout «Hotel Bravo», l'étrange collection de chansons acoustiques concoctée par Napoleon Washington (Raph Bettex dans une autre vie), un gars de La Chaux-de-Fonds!
On n'a d'abord pas compris comment un type venu d'une région aussi froide que les montagnes neuchâteloises pouvait jouer une musique aussi chaude sans avoir l'air d'un idiot mais rapidement, la fièvre brûlante de titres comme «Dance on my Grave», «Green Missing» ou «River of Tears» a convaincu chacune de nos cellules que l'heure n'était pas au ressassement mais à la jouissance...

Encore plus dense...
Depuis, même si on n'a pas eu beaucoup l'occasion de se vautrer dans la fournaise par ici, on n'a pas oublié Napoleon Washington mais on se demandait parfois si le musicien allait attendre la prochaine canicule pour offrir au monde ses nouvelles visions en Cinémascope.
Mais cette fois, c'est en plein coeur de l'hiver que le Chaux- de-Fonnier lâche dans les bacs «Homegrown», un album plus électrique qui réussit le prodige d'être encore plus intense et torride que son prédécesseur.

Chanter «I'm a Man»
Lorsqu'on le retrouve par un froid après-midi du côté de Lausanne, on commence par lui dire qu'on est d'autant plus étonné d'être touché par sa musique que d'habitude on abomine le blues blanc. Il sourit avant de renchérir: «Je peux comprendre ça. Il faut être sacrément prétentieux pour croire qu'on perpétue le blues en reprenant des trucs comme «Hootchie Coochie Man» de Muddy Waters ou «I'm à Man». Les types qui chantent «I'm a Man», je me demande s'ils savent réellement de quoi ils parlent. Lorsque des gars comme Bo Diddley ou Muddy Waters disaient «je suis un homme», ça n'était pas pour en imposer aux femmes mais simplement pour se positionner face aux Blancs qui, à l'époque, appelaient «garçon» un homme de couleur...»
Mais alors qu'est-ce qui différencie réellement Napoleon de tous les gars qui font «Boom Boom» dans les bars enfumés afin d'amuser la galerie? «Je suis né en Europe, dans une région réputée pour son climat rigoureux alors que j'ai sûrement plus d'affinités avec les régions chaudes du Delta. Je suis passionné par la culture du Sud, une part de moi est certainement là-bas, mais j'évite cependant de tomber dans les clichés. Musicalement, je n'essaye pas de reproduire cette musique géniale qu'on appelle le blues et qui a été popularisée il y a bien longtemps par des gens comme Robert Johnson, Skip James, Charley Patton, Leadbelly et tant d'autres...»

Reposer sur du vécu
«Je me contente d'écrire et de jouer honnêtement des chansons qui reposent sur du vécu. Si certains y retrouvent une vibration qui leur rappelle celle de tous ces artistes magnifiques, c'est flatteur. Si on considère ma musique comme du blues moderne, ça me va. Mais je laisse au public et aux médias le soin de poser des étiquettes, moi j'essaye de faire mon truc avec enthousiasme et le plus sincèrement possible...»
L'enthousiasme et la sincérité: deux états que l'on retrouve tout au long du parcours hors-norme de ce musicien. «Grâce à la musique, j'ai vécu pas mal d'émotions fortes. Au début de la décennie passée, j'ai appris pas mal en tournant avec les Roustabouts, un groupe américain formé par Gary Setzer qui n'est autre que le frère de Brian, le guitariste des Stray Cats. C'est d'ailleurs à cette époque que j'ai eu l'idée de «Single Sided Coin», une pièce qui aurait une face, pas de revers, parce qu'au moment où j'étais heureux en tournée, mon histoire avec ma copine restée en Suisse se compliquait réellement. Ensuite, j'ai formé un groupe, le Crawlin' Kingsnake Blues Band. Nous avons pas mal tourné, ici, en Europe et aux Etats-Unis, et nous avons continué d'apprendre le métier en accompagnant Rock Bottom, un harmoniciste de Floride.»

Musiciens compétents
C'est aussi un peu pour poursuivre cette histoire avec les States que Washington est allé enregistrer son nouvel album du côté de New York. «Au départ, l'idée était d'enregistrer quelque part du côté du Mississippi, mais j'ai estimé que ça faisait cliché. Mon principal souci étant de faire le meilleur album possible, je me suis servi de mes connections afin de pouvoir réunir autour de moi des musiciens compétents. Les gens qui jouent avec moi sur «Homegrown» sont des pros mais pas des mercenaires. Ils aiment le travail bien fait, ce sont des artisans appliqués qui donnent le meilleur d'eux-mêmes avant d'aller voir ailleurs. Il y a chez eux tout ce qui me convient: pas de frime, juste de l'application et de l'honnêteté...»
Jean-Philippe Bernard


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Rencontre
«Mille jours avec ma guitare...»


As de la guitare, le Chaux-de-Fonnier Napoleon Washington débarque avec un album new-yorkais. A voir sur scène. Rencontre.

Artisan de la guitare, il sculpte les sons et ne cesse de parfaire son art. Napoleon Washington a sorti un album qui fleure bon le vécu et les manches de guitare usés par la sueur. Homegrown déploie l'évolution du musicien depuis les trois ans qui le séparent de son premier opus, Hotel Bravo. «Pendant mille jours, je me suis accroché une guitare et j'ai travaillé. Mille fois, j'ai réfléchi à ce que je pouvais faire, comment avancer.»
Le talent, c'est du labeur et Raph Bettex, alias Napoleon Washington en témoigne en ensorcelant l'âme et l'ouie de ses mélodies d'aujourd'hui. A l'orée d'une tournée et d'un dialogue musical avec le talentueux Simon Gerber, le Chaux-de-Fonnier a déchiffré quelques pistes sonores en notre compagnie.Homegrown signifie littéralement «cultivé à la maison». «C'est une boutade pour dire que je vis grâce à mon métier un grand écart entre le continent que j'habite, où j'ai grandi et où se trouve ma vraie maison, et les Etats-Unis où se trouve ma maison culturelle. Je me suis rendu compte que c'était plutôt un avantage: je pouvais prendre ce qu'il y a de bon ici, ce qu'il y a de bon là-bas, et me servir que du bon partout.»Le nouvel album a été enregistré à New York en huit jours et pré-produit en Suisse au fil de dix-huit mois. «Vers 20 ans, j'ai tourné avec un groupe new-yorkais de rock'n' roll, les Roustabouts, et cela m'a laissé quelques contacts.»
Alors, Napoleon Washington, du blues contemporain d'un type d'ici et de maintenant? «Un des points qui peut me connecter avec le blues au sens historique du terme est que cette musique repose simplement sur le vécu. Cela peut autant être des histoires provenant d'expériences que de petites réflexions. C'est plus de la chronique que de la poésie.»
De sa voix rocailleuse, M. Washington serpente sa vie de chansons aux images simples et fortes à la fois. Comme ce Crucify Yourself qui illustre la notion de dérisoire: «Essayer de se justifier, c'est à peu près aussi utile que de se crucifier soi-même avec une agrafeuse d'occasion!»

bons mots
«Tout va très vite!»
New York. «Son principal trait de caractère est d'être un condensé de la planète. La ville est tellement métissée, possède un tel brassage de cultures, de gens et d'histoires que c'est une planète en miniature. Il y a une accélération du temps, tout va très vite. C'est une pile atomique dans laquelle il y a une énergie très efficace que l'on peut pomper pour réussir un projet, comme un album.»

Suivre son chemin.
«Je crois qu'en ayant une voie, un but, une boussole réglée sur quelque chose et en s'y tenant avec intégrité et amour, en faisant attention à des détails comme avoir du plaisir, peut-être qu'il y a des trucs qui tombent juste. En tout cas, cela en a un peu l'air!»

Picasso.
«Il n'a jamais considéré ses oeuvres comme des aboutissements, mais comme des étapes pour continuer de chercher et avancer. Cela m'inspire énormément. J'espère à une échelle minuscule pouvoir faire la même chose: ne pas considérer que des choses sont achevées ou abouties mais au contraire qu'elles sont des étapes pour aller plus loin et développer. Chaque fois, c'est une station de lancement pour la suite!»

L'album Homegrown distille douze compositions originales à l'énergie contagieuse. Avec Who Craves To Know, Napoleon Washington aborde le thème du lâcher-prise. Nail In My Shoes image le fait que «quand il y a un truc qui coince, ce n'est pas la peine d'imaginer qu'il va disparaître de lui-même. Il ne va pas plus s'envoler que le caillou dans ta godasse.» Ou encore un coup de gueule avec Single-Sided Coin: dans la vie, les médailles ont systématiquement un revers. De belles métaphores à croquer.
Alain Wey


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Homegrown
Du blues en toute liberté


Napoleon Washington a enregistré son deuxième album à New York. Résolument contemporain, «Homegrown» module les rythmes et les couleurs sans trahir l'âme du blues

Mille jours se sont écoulés entre la sortie de «Hotel Bravo» et celle de «Homegrown». Entre un premier album acoustique enregistré sous un pont à La Chaux-de-Fonds et un deuxième enregistré dans un studio new-yorkais, avec une instrumentation plus étoffée. Deux jalons, deux réussites. Quand il évalue le chemin parcouru de l'un à l'autre, Napoleon Washington recourt à la métaphore: «Je ne poursuis par une démarche artificielle, je me laisse porter par un courant, comme lors d'un vol en planeur, sans maîtriser complètement la notion de vitesse, mais en veillant à alimenter ce courant avec le plus d'énergie possible».

«On peut élargir la route sans changer de direction»
Progressant au gré des courants ascendants et descendants, le Chaux-de-Fonnier a néanmoins choisi son cap: le blues. Amour, passion du blues depuis ses premières notes de musique. Sans savoir vraiment pourquoi et finalement heureux de ne pas le savoir. Mais Napoleon Washington a choisi d'aimer sans éprouver de nostalgie, sans chercher à imiter la musique des années 1930-40. Enraciné dans le terreau des pionniers du Mississippi et de Chicago, il laisse grandir ses propres branches, pousser ses propres rameaux. «Chercher à reproduire serait tomber dans la confusion. Chez les pionniers, plus que la musique, c'est la démarche qui est décisive. Ces gens se fichaient totalement de la notion de style. Ils ont vécu la musique comme un métier qui a les libertés qu'on veut bien se donner. C'est cela qui est capital pour moi. Je me suis rendu compte que j'avais mis moi-même les barrières auxquelles je me heurtais. Or les barrières, ça se déplace. Ce n'est pas plus compliqué que ça. On peut élargir la route sans changer de direction».

«Simples observations»
Les libertés qu'il s'accorde irriguent magnifiquement ce deuxième album mixé à La Chaux-de-Fonds par l'ingénieur du son Fabian Schild. Il y a les accords envoûtants du blues, il y a des rythmes qui s'emballent dans le rock ou qui se laissent traverser par de fulgurants accents africains. Rugissement rauque ou chuchotement fragile à la limite de la rupture, chaude comme une caresse, la voix de Washington épouse les courbes et les aspérités de la vie. Car c'est bel et bien la vie qui nourrit ces chansons élaborées à partir d'une anecdote, tel «I Crossed Her Way» inspiré par une rencontre avec une étrangère désemparée sous les premières neiges de novembre. A partir, aussi, de considérations plus générales, à l'instar de «Single Sided Coin», rêve utopiste d'une médaille sans revers. «Je m'en tiens à de simples observations, je n'ai nullement la prétention de donner des leçons ou d'asséner des vérités».

Ecart immense
Résolument contemporain, Napoleon Washington s'est aussi donné la liberté de travailler à New York. Une ville qui fait écho à sa propre histoire, à son propre métissage. «C'est un concentré de trajectoires, de cultures différentes. Je suis né dans les sapins et ma culture est le blues. L'écart est immense entre mon background géographique et mon background culturel. A New York, j'ai pu retourner ce déchirement à mon avantage: je peux être chez moi partout». Un musicien heureux? Nous ne lui avons pas posé la question en ces termes, mais il doit l'être, lui qui peut se consacrer à sa passion. «La musique, c'est vital pour moi, mais je ne demande pas qu'elle ait cette importance pour ceux qui m'écoutent. Les chansons n'ont pas d'autre raison d'être que de véhiculer des émotions». /DBO


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Rencontre
La dernière conquête de Napoleon Washington


Après un opus ruisselant de blues, ‘Hotel Bravo’, et une étonnante création de web cinéma, ‘The Washington Theater’, le Suisse au nom à jamais inoubliable crée une symphonie grandiose de rock blues avec un album jubilatoire et envoûtant nommé ‘Homegrown’ (Sepia/Mosaïc Music).

Ce nouvel album est différent du précédent, moins blues, nettement plus rock, moins sobre, beaucoup plus 'produit', plus théâtral même… Cela sonne comme un opéra. Est-ce l'album conceptuel que Napoleon Washington rêvait de faire ?

Disons que c'est un pas supplémentaire dans la direction que j'ai toujours souhaité prendre, à savoir rendre hommage au travers de quelque chose de personnel aux musiques qui m'ont nourri. Mais je me garde bien de confondre une étape et un aboutissement. Je n'aboutirai jamais, j'espère ! Je fais de la musique avant tout pour les gens, plus que pour moi-même. Libre à chacun dès lors d’y accoler les étiquettes qui lui conviennent... même "rock", si vous voulez, mais je n'adhère pas vraiment. Pour moi, cet album n'est pas moins blues que le précédent, et j'y ai évidemment mis autant d'émotion. Ceci dit, parce que je tiens par-dessus tout à proposer un son moderne et pas une copie de quoi que ce soit, j'ai en effet élargi mon champ de manoeuvre, mon terrain de jeu, parce que simplement je me suis aperçu que je disposais de la liberté de le faire. Je n'en suis pas moins convaincu que, comme les racines de l'arbre s'étendent à mesure qu'il grandit, le côté "roots" de ma musique va certainement chercher plus loin aujourd’hui... mais pas ailleurs. Vous savez, entre "Hotel Bravo" et "Homegrown", trois ans ont passé: trois ans, c'est plus de mille jours. J'ai travaillé, chacun de ces mille jours, pour m'approcher de ce que je voudrais être une forme d'héritage contemporain de la culture noire américaine en général, et du blues en particulier. Mais encore une fois, en me gardant bien de chercher à imiter quoi que ce soit. Ce serait à mon sens, de mon point de vue, un parfait manque de respect.

Le son est énorme, mélange de guitares à résonateurs, d'instruments choisis avec soin et de mixages savants, la voix en plus. Techniquement, comment s'est passé l'accouchement de cette symphonie emplie d'émotion brute ? Dans la chaleur d'une vision intimiste, 'Homegrown' ?

Techniquement, c'est très simple en somme: mille jours de travail et hop, voilà « Homegrown ». Je ne dis même pas ça pour rigoler, c'est vraiment ma méthode... je réfléchis d'abord à ce que je veux, sans aucune limitation, puis je me débrouille pour rendre le truc possible. Concrètement, la pré-production s'est étendue sur dix-huit mois, en Suisse. C'est un travail assez solitaire, à écrire, arranger, produire, orchestrer...  puis, sur la base de maquettes extrêmement précises, je suis allé avec Fabian Schild, l'ingénieur du son avec qui je travaille depuis toujours, enregistrer le tout en huit jours à New York avec des musiciens recrutés sur place. Le vrai challenge, en fait, est de parvenir à travailler en gardant le plaisir intact. C'est une musique d'émotion, il faut simplement veiller à ne pas manquer de matière première. 
Francis Rateau


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Homegrown
Musique organique


Napoléon vit sur dans les verdoyantes montagnes suisses et Washington n’aime rien plus que la musique. Le plus décapant des bluesmen romands réinvente le concept rock en théâtralisant un album dans la plus pure tendance progressive. Ce type, à la gueule d’acteur, passionné de littérature américaine, de guitares à résonateurs et de blues, réalise son destin, dans l’intimité de ses explorations. Homegrown: bâtir une architecture sonore comme une œuvre quasi-symphonique. A coups de mixages magnifiquement léchés et d’une production savamment étudiée, l’opéra céleste emporte vers un monde musical inventif, envoûtant et très personnel. La guitare stupéfiante de NW écume les pièces sur fond de nappages d’orgue, de piano, de percussions, de basse, de mixages et même de chants vaudous du Bénin ! Chaque noté est pensée. De chaque rythme millimétré sourd une cascade de sensations variées. Chaque apport, voix ou instrument, nourrit de son aura la veine des sentiments dans une féerie carrément hallucinante. C’est le charme qui opère et le monde de Napoléon Washington qui s’accomplit. Ce disque est né dans la douleur du blues pour grandir dans la plénitude d’une musique rock universelle dont la fragrance reste sans conteste la beauté et l’émotion. Il y a ainsi des moments magiques, intemporels, qui marquent l’Histoire, et cet opus est là pour nous le rappeler. Napoléon Washington a l’intelligence des Justes, l’aventure chevillée au corps, humble défricheur de sons, et la fêlure de la perfection extrême. Sa musique ne peut venir que de l’âme ou du cœur, le talent fait le reste mais toujours dans le respect des anciens et le regard tourné vers demain. C’est grandiose ! Entrez donc dans le Washington Theater sur le site www.napoleonwashington.com
Francis Rateau 
 


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Interview
Le souffle hanté


Agrandissant la voie de son chemin intérieur, Napoleon Washington revient de New York avec «Homegrown». Si le blues a un avenir, il se lit entre les sillons de ce disque cru. On y croit.

Comme pour ancrer ses racines au plus profond de sa terre natale chaux-de-fonnière, Napoleon Washington sortait en 2002 «Hotel Bravo». Un disque incantatoire, acoustique où la pureté de son blues augurait d’un univers profond et personnel. «Homegrown» a poussé en 2005 à New York, mêmes racines, même tronc, planté dans un même terreau. Celui d’un blues non pas imitatif, mais se nourrissant du même principe qui a nourri tous les vrais bluesmen depuis qu’une nuit de pleine lune, un guitariste rencontra au travers de ses accords plantés, non pas le diable, mais ses démons les plus profonds. Le blues, pour être vrai, honnête, doit parler de sa propre histoire. Napoleon ne dit que ça, son passage à New York ne fait qu’électrifier son propos, comme à l’époque où les Noirs prirent le train pour Chicago. L’âme reste la même, celle de Napoleon Washington est hantée dans un 21e siècle. On appelle cela le blues contemporain.

Comment s’est fait le voyage d’«Hotel Bravo» à «Homegrown»?

C’est un processus naturel, il n’y a simplement pas eu de congé entre les deux. Mille jours pendant lesquels j’ai travaillé derrière une guitare ou un ordinateur. Ce disque est la suite, et la mesure que la route passe, le paysage change.

Le passage à New York, c’est une autorisation que vous vous donniez?

Oui, les bases étaient posées avec "Hotel Bravo". En ne trichant pas sur qui j’étais, je me donnais toute liberté de faire autre chose, et puisque c’était possible, cela me galvanisait que d’aller à New York. Je me suiis aperçu que j’étais seul à pouvoir décider où je voulais mettre la limite de ce que je m’autorisais ou m’interdisais. J’avais la possibilité d’entendre des choses différentes, d’élargir la route. Je garde mon cap, mais j’ai remarqué qu’il y avait du terrain pour élargir la route... je ne suis pas obligé de suivre un sentier, si je veux rajouter vingt mètres en largeur, je le fais.

Autant dans «Hotel Bravo» que «Homegrown», l’atmosphère est importante dans vos albums...

C’est quelque chose dans lequel j’ai mis beaucoup de soins. J’aime le travail de studio, le travail de production, ce moment où tu as une chanson toute nue et que tu réfléchis à ce que tu vas en faire, comment on va la placer dans un univers. Le blues consiste à se mettre à nu, c’est une fenêtre sur ton univers, qui parfois peut être hanté. Hanté de ce que tu ne maîtrises pas et qui peut te faire peur, mais aussi hanté de belles choses ou de belles idées, de beaux souvenirs.

Quand tu fais un album, il y a quelque chose qui t’échappe et la couleur générale de l’album, tu la découvres en même temps que tout le monde. Un album a une identité propre, comme un enfant. Il va grandir, et une fois adulte, il aura une personnalité que tu seras obligé d’accepter. Tu façonnes la direction mais au final il faut le laisser partir.
 

Comment partez-vous en écriture?

Les bluesmen que nous considérons aujourd'hui comme les parrains du genre se servaient simplement de la matière première de leur quotidien, et de leurs émotions, pour écrire. Je fais pareil. Je prends de petites réflexions, je prends ma vie à moi, et ça donne des chansons qui sont fatalement les miennes parce que mon quotidien m'appartient. Ce qui m'importe, c'est de comprendre une démarche, plutôt que de tenter d'assimiler ou de m'approprier un contexte qui n'est pas le mien.

Avez-vous le sentiment que le blues est une musique mal-aimée aujourd’hui?

Oui, mais c’est à cause de nous, c’est notre faute. Et les gens n’ont pas entièrement tort dans la mesure où nous les avons abreuvés, moi le premier, de mauvais trucs, mal compris. J’ai fait tellement de concerts qui ont pu casser les pieds aux gens que finalement il ne faut pas s’étonner que l’idée du live soit un peu en perte de vitesse. Ce n’est pas du tout un problème de qualité musicale, de technique; c’est une histoire de compréhension. Dans «Manish Boy» par exemple, Muddy Waters, à plus de 50 ans, annonce qu'il est un homme, et plus un "garçon". Replacé dans le contexte de la société américaine de l’époque, c'est énorme: un noir pouvait avoir quatre-vingts balais, il restait un "boy". Qui de nous qui connaissons cette chanson sait vraiment qu'elle parle de cela? Ce sont des choses qui me touchent profondément, et passer à côté de cela sans le comprendre me rend triste.

Mais la reproduction existe beaucoup en musique, les jazzmen qui rejouent des standards, les musiciens classiques qui donnent du Mozart en concert...

Je pense qu’on peut bien le faire, je m’en voudrais de tirer des théories. Je pense en outre qu'on peut incarner une chanson, mettre assez de soi dans n'importe quelle musique pour pouvoir l'habiter, pour qu'elle prenne un sens bien au-delà de son ou de ses auteurs originaux. Mon cheval de bataille n'est que celui d'éviter l'imitation. Je ne me vois pas reproduire le son de Chicago, parce que je n’ai pas la possibilité de le faire. Ce n’est pas mon but et je ne m'en donne pas le droit, j’ai l’impression de manquer de respect vis à vis des gens qui m'ont nourri. Je leur dois ce respect et ceci est contradictoire avec l’idée d’imitation dans ma petite échelle de valeur.

Quel pourrait être selon vous le blues du 21 siècle?

Je ne peux me prononcer pour les autres, mais le plus important pour moi, c’est la démarche et non pas le résultat formel. Il se trouve que les ingrédients que j’utilise, la manière d'aborder les sujets, l’instrumentation, ce qui me nourrit vient du blues, mais peu importe finalement. Simplement, je suis convaincu que rejouer pour la énième fois «Hoochie coochie Man» dans les pubs désespérerait Muddy Waters, et que c'est précisément en faisant cela que nous enterrons le blues. Il n'y a pas d'avenir si nous ne nous attachons qu'à une forme qui appartient à l'histoire, si nous tournons en rond. Il y a des choses beaucoup plus profondes et importantes là-dedans qui sont inconciliables avec la notion d’imitation. Il nous reste donc à intégrer une démarche; si nous nous en tenons à cela, nous avons tout pour perpétuer cette musique aussi loin que nous le voudrons. Par définition, il sera toujours possible de proposer un blues contemporain.
Didier Chammartin


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Interview
The Road to Washington


I hope there are some fortunate souls that got to see the Swiss blues band, the Crawlin’ Kingsnakes, perform with the late Rock Bottom in 1998 at Skipper’s when they toured Florida to launch their debut album, Stomp My Feet. (Sepia Productions). Lead guitarist for the group, Raph Bettex, was born in La Chaux-de-Fonds, Switzerland and picked up the guitar at age 12. After learning to play he did several tours in the early nineties with New Yorker Gary Setzer and the Roustabouts (Brian Setzer’s brother) and backed the late Rock Bottom on tour in Europe and several studio gigs for five years before touring the U.S. in 1998. Raph then morphed into Napoleon Washington. The moniker, Raph explains,” refers to the French history of Louisiana and not only refers to the ‘motherland’ of the blues, but also for its mixture of different cultures forced to adapt themselves to a new land that was not always chosen (African, French-Acadian, Spanish) considering that the actual idea of being disconnected from one’s roots is nested somewhere in playing the blues in Europe. Plus it is also a respectful tribute to emancipated slaves who, when freed, realized they needed “two names” and often named themselves after presidents, Lincoln, Washington, or Jefferson.”

In 2003 Napoleon Washington released his debut solo album Hotel Bravo after going totally acoustic. It features 14 original songs and was entirely recorded under a traffic bridge next to a freight train yard. Raph had no difficulty convincing Eric Laesser, his agent/manager/and longtime friend to let him record under a bridge located ten minutes from his work. After finding such a perfect venue, Napoleon explained, “The next thing I know, I’m sitting there for two months: watching trains, hearing planes, meeting dogs and clouds with the city rumble in the background. The songs kept a-coming and plus, since the blues can’t deal with pretending, I better be true to myself. That’s my town, my place, my reality. I ain’t born in Clarksdale, Mississippi in the first place.” Alligator record’s boss, Bruce Iglauer, admitted he regretted not giving U.S. market to the CD because of two major difficulties, Napoleon is European and white and he also lacks reputation. The CD received extensive European airplay and demonstrates a true understanding of Delta blues and has spent many hours in my own CD player.

Napoleon recently tracked me down on my computer after losing contact for about a year due to an e-mail address change. I first met him in 1998 and we corresponded over the years and he told me about his new project, the Washington Theatre. This innovative approach to web video just knocked me out; so, I thought it was time to stalk Napoleon and convince him to share with us how a Swiss plugged guitarist who worked with the late Godfather of Tampa Bay Blues morphed into an acoustic Napoleon Washington. His Washington Theatre is awesome and deserves your attention as an exciting multi-media approach to web-based publicity. It is a cutting-edge approach to technology and music video.

The shift to acoustic blues was a natural one for Napoleon. According to him, “You know it’s just love, that’s all it is. And that love is the gasoline I use to fill up my tank with, and I expect to travel pretty far. The only thing is, I need to get myself a comfortable seat, no matter how slow the car is. With a good seat and a big tank, I’m bound to make it a long trip. I’m telling you, I have never felt as comfortable as I do today in this acoustic stuff. I found my seat, right here.” What happened next is best told by Napoleon himself:

“It was early one balmy afternoon in St.Pete in the end of May I think, something like six years ago. I yelled, Rock! Mind if I grab that axe of yours 'n sit on the stairs awhile?" "Go 'head", I heard him yell back, in a tone that rather meant "Why the hell you bother me with a question like that?” Well, Rock Bottom it was, bless his soul. Godfather of many. We had played five tours in Europe with him, and now I was touring Florida for the second time with my band, the Crawlin' Kingsnake Blues Band from Switzerland, and we were staying at Rock's. That's just how nice he was. The guitar? That's my point. It was a beautiful National Tricone that Rock claimed to have gotten "‘as a salary for producing an album for Roy Bookbinder.’

Rock had seemed too busy to answer me minutes before, but I eventually caught a glimpse of him watching me playing through the living-room window. When I came back in, he was sitting on the couch with a legal pad, scribbling furiously. “ ‘Your gig is a late one”, he said. “I just booked some time in a studio, early afternoon. We’ll be rolling some tape. I’m putting down some new stuff and we’ll have a little rehearsal with the rest of the band in a while. That okay with you?” I was bewildered. We had recorded a little with him in Switzerland in the past, but nothing fancy. Now he just had heard me on the steps and figured I finally could be of some use. See, Rock didn’t have a very high opinion about me as an electric guitar player, and he was damn right. I was hopeless. But right there, he had heard how bad I loved that acoustic thing. Rock couldn’t be fooled.

We played the studio gig, I was flying. And much more than all this, during the recording, he called me ‘brother’…it’s a little hard for me , emotionally speaking, to listen to that CD now for I still miss him, but it is one of my most cherished memories to this day. After that, he always encouraged me to keep on with the acoustic, and even said good things around when I put out my first demo as Napoleon Washington some time later.

The final thing, besides Rock's advice, that made me morph into Napoleon Washington is a French part to the story. See, when we recorded the Crawlin' Kingsnake album "Stomp My Feet" in 1997, I was looking for a National to borrow. Hard thing to find. Until I dropped a line one day by Tomcat Blake, who at that time was living in France very close to my place. "I'll see what I can do", he just said. Couple of weeks later, he called me. "Come grab your stuff". I had no idea what he was talking about, but I went. Right there in his living room, he had a 1929 National Triolian for me to take to my session. I couldn’t believe it! "That yours?" I asked. "Nope. Some guy, friend, who builds up his own resonator guitars, mind you. Collector. Lends you this one. Thinks it'll match your style." I didn’t even know I had a style. I did the job, and asked no questions. I was too afraid I might wake up from the dream. Only after that did I ask for the guy's address and brought it back to him. And guess what? We became friends. His name is Pierre Avocat, and along with another guy named Mike Lewis, they hand-build resonator guitars under the brand name of Fine Resophonic. Beautiful instruments, custom-made, production of no more than twenty-five a year... built some for John Campbell, Michael Messer, Eric Clapton.

When we got back from Florida, I called Pierre to say hello and told him the story with Rock's tricone. And then, as a matter of small talk, I dared "and how much would you charge me for a single-cone style-O guitar from y'all?" "Dunno. Gotta check". When he got back with me later, he said "I done called Mike. Told him about you. He said if the boy pays for the wood and metal, I'll make him one'. You interested?"

They made me one. They could've offered it to Clapton, but no, they offered it to me. To this day, I have no words to describe what it means to me. Suffice to say it absolutely changed my life. Period.

Today, I'm about to take off for a flight to New York to record my next album. I'll tell you more about that in time, but I'm very excited with the way it's happening. Recording in the US is really soul-feeding for us Europeans, as things are really different over here. Music in general, and blues all the more, is hardly a business. It gives you a lot of room artistically, but it also makes things very heavy to carry sometimes.

Now another very important thing... we're celebrating the grand opening of the Washington Theater. The Washington Theater, just that? Yessuh. It's a movie theater really, and it's located... just exactly everywhere on the planet. It ain't a new type of Hard Rock Café franchise joint, it's on the internet. To make the story short, we were ready to publish a DVD of a very amazing concert we had played, a beautiful and panoramic piece of work filmed with twelve cameras over three nights, when we abruptly realized that Washington just ain't Britney Spears. We wouldn’t sell but to satisfy our egos, not to make any commercial sense. Wrong move. So we humbly figured that if we could not sell those videos, we had to give them away for free. And that's how we opened this web movie theater on www.napoleonwashington.com to broadcast these clips and every future bit of audio-visual media we'd put up. It's got the same technology behind it as the mainstream Hollywood movie sites! You can choose your clip by dragging up and down a viewer on a filmstrip, and when you pick one, you get a short explanation about what you're about to watch before you select if you want a hi-res or a low-res video. I had a team in Montreal to program all that, it's truly amazing. We could have had a DVD nobody'd care for, or a promotional tool that nobody's got... that's exactly my job: trying to figure out things soon enough to make the right choice. Looks easy. Just ain't.”

Just as this was to go to press, I had the opportunity to ask Napoleon about his recent recording experience in New York. As he described it, “It was more like a 20 hours-a-day-in-the-studio effort, but everything went incredibly smooth. See, my method is to simply try to turn whatever may-at first sight-look like obstacles into something that’ll work my way. What I mean is this: I’m a European guy playing American music. Which results in the fact that I’ll always miss something, whatever the side of the ocean I’m at. Not so easy to deal with. But on the other hand, I can turn that into the fact that I’m-at least partially-home on both continents! Then, just take the best out of both worlds, because that gives you some sort of ‘legitimate’ access to everything. For this album, I wanted to work with the American efficiency, professionalism and knowledge of the proper musical vocabulary. Record with guys I had never met and will never see again, for kicks, to test myself. And it worked great, because I could use the European precision, preparation and care. I spent more than 18 months on preproduction in my own studio, and that led to razor-edge precise demos for every song. We could track very, very fast. I’m just damn lucky, but I feel like we all are: it’s just a matter of finding where our own luck is hiding.”

After falling in love with the Hotel Bravo CD, the Blues Stalker, sight unseen, is betting that with this CD to be released in December, Napoleon Washington will find out his luck is lurking in this release.


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Homegrown
«Homegrown»


En 2006, être jeune, blanc et faire du blues sans virer spleen, plonger dans le passé et éviter les relents d’outre-tombe relève du miracle. Première impression: non, le blues n’est pas mort, et encore moins moribond. Cet empereur à guitare pourrait aussi être l’arrière-petit-fils de Skip James, qu’il ressuscite par une voluptueuse reprise du fameux « Illinois Blues ». C’est avec un frisson à l’échine que j’ai adopté « Homegrown », comme happée par des milliers d’images. Suave et puissant, le son de cet album est d’une profondeur abyssale. Tantôt enjouées et saturées, tantôt d’une langueur déconcertante, les guitares s’accompagnent de pianos déjantés et de rythmiques étonnantes. Cette intensité générale est parfaitement secondée par une voix majestueuse à l’humilité impressionnante. Envie de m’accouder à un bar et de faire des ronds de fumée en sirotant une bière tiède. Sombre et éblouissant comme une ville la nuit, «Homegrown» porte en lui les lumières de Brooklyn, où il a été enregistré. Inouï et magnifique.
Julie Henoch



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Homegrown
“Homegrown”


Le desperado helvète revient avec son second album, une œuvre d’art contemporaine et urbaine, dans la complète continuité musicale de ses travaux précédents. Au travers de «Homegrown», Napoleon Washington s’exhibe avec un style plus personnel. Sur le fil d’une base traditionnelle, se dénude une orchestration travaillée à l’image d’un melting-pot culturel urbain. Une guitare «resonator» au son chaleureux déclenché par le jeu souple du doigté fin de Napoleon Washington. Un style dilué tantôt en finger-picking comme pour « Stutter & Blink » ou pour la reprise de Skip James : «Illinois Blues», tantôt dans des riffs énergiques, «slidés» au bottleneck, sveltes et typés.
Mais «Homegrown» est avant tout une porte sur un nouvel univers, le monde personnel et exclusif du truculent Napoleon Washington. Parce que si Napoleon Washington est un véritable auteur, il a su créer une atmosphère «décalée», instaurée par la quête de sons et le métissage des harmonies et des couleurs. Une vision d’un monde merveilleusement sombre entre Blues du Delta du Mississippi, poésies et univers étrange aux allures des meilleures productions de Tim Burton ou de Tom Waits.
Un Blues gothique à la douceur complexe envoûtante, qui devient un «Opéra Blues», amené par le méticuleux travail de production et d’arrangements.
Une originalité et une griffe personnelle qui prennent toute leur splendeur et leur opulence lorsque se mélange, la voie parfois graveleuse, ténébreuse ou parfois murmurante de Napoleon Washington, dans la volupté des gammes «énigmatiques» du piano («I Crossed Her Way», «Crucify Yourself»). Dans le même esprit sur «Single-Sided Coin» s’expose la lourdeur d’accords saturés, façon The Four Horsemen de Metallica, à de véritables chants cérémoniaux vaudous béninois.
Un album soufflant comme un vent de renouveau, qui atteste du travail incessant, monumental et enrichissant de cet artiste exceptionnel.


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The Washington Theater
Le grand théâtre de Napoleon Washington


Napoleon Washington et Sépia Production présentent un théâtre virtuel à la disposition des internautes sur le site internet de l’artiste http://www.napoleonwashington.com/

Comme le dit lui-même avec beaucoup d’humilité Napoleon Washington, il n’est pas Britney Spears et pour lui répondre je lui dirais : «Encore heureux mon gars, Britney c’est peut être une nana, mais musicalement il n’y aucune profondeur et authenticité!». Trêve de potinage et accordons nous une pose pour admirer d’une part, le design remarquablement bien accomplit du site de Napoleon Washington, mais remémorons nous aussi, le show de cet artiste d’une insatiable culture Blues qu’il nous a offert pour Bagnols Blues 2005, en nous émerveillant devant ces vidéos mises à notre disposition avec une très grande libéralité.
C’est donc dans un petit théâtre virtuel que nous pouvons naviguer à notre gré, pour regarder tranquillement assis devant notre ordinateur, des images époustouflantes comme sorties d’une excellente production cinématographique, finalement comparables aux clips vidéos les mieux produits, avec des images chargées de sens et de métaphores tonifiées par des effets d’éclairages.
Encourageons cette splendide initiative car finalement  Napoleon Washington et Sépia Production, qui magnanimes dans leurs démarches, auraient du faire de ces images un DVD. Rassurons la production, si jamais ils changeaient d’avis, nous n’aurions certainement pas crachés sur ce DVD, surtout s’il en avait coûté la modique somme de vingt euros (ce qui semble honnête !) et qui aurait assurément fait l’unanimité de la presse spécialisée.


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Homegrown
Mad Man


Au travers de la vitre d’un vieux bus de banlieue, maculée de traces de doigts inconnus et de signatures graphées dans la masse transparente, vos yeux hagards scrutent les lumières de la ville avec un focus retard entêtant. Avec comme seul but la quête d’ailleurs, Ain’t nobody vous transporte vers la station de la dernière chance. Le touché de guitare aigre et saturé façon métal de Single-sided Coin vous suggère le goût du remord et de la perdition. Tout au long de ses treize plages, le second opus de Napoléon Washington vous accompagne au cœur de vos blessures internes comme une B.O.F. de David Lynch, avec l’espoir fugace d’une vie nouvelle et rédemptrice sur Mulholland drive.
Le fleuve de Sin City reflète les derniers réverbères blafards de vos illusions perdus alors que retentissent les premières notes d’Illinois Blues. Le passé revêt ses plus beaux atours avec Stutter and blink, résonnant feedback d’un souvenir d’enfance enjoué qui vous laisse une dose d’espoir. Interlope et sensible, intelligent et flippant, l’univers de Napoléon Washington, sa touche harmonique mineure récurrente vous laisse face à vous-même, avec comme seule perspective, le doute de l’ange déchu qui pleure ses ailes tout en prenant conscience de la damnation qui le frappe.
Les pickings alternés de précieuses glisses et la voix de Monsieur N, susurrée à vos oreilles de convives en transit, est savamment secondé par les battements pulsatifs d’Isaac Castner et de Jeffrey Baldacci aux percus, par les soubassements souverains de Chuck Schmalleger et par les attouchements nacrés de Spencer Limbough. Compagnons du devoir musical venus de New York, ces derniers donnent à l’ouvrage une qualité artisanale sans pareil. Le swampy-funk Crucify yourself et la valse éthérée A friday nigh song en sont les chefs d’œuvre collectifs.
Napoleon Washington et Sépia Productions, par la qualité musicale et l’esthétique du support nous apportent un des produit les plus aboutis du moment. Farouchement encré dans l’instant, dans un esprit de continuité et d’absolu, Homegrown souffle ses contrastes traumatiques comme autant d’orgasmes incertains avec toujours la même putain d'envie de vivre.


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Compte-rendu / Concert
Washington en concert à Caen


(...) Quant à Napoleon Washington, bipède généreux et agréable, n’ayant aucun rapport avec le sinistre Bonaparte dit 1er de son époque, engager un set seul devant les 120 personnes de ce petit théâtre chaleureux et cela pendant plus d'une heure... chapeau bas Monsieur. 

Un Blues rural, faisant quelques fois penser au films de Scorcese, vous prend les tripes jusqu' à vous faire dresser le poil sur les bras. Quelle force! À se demander comment il ne casse pas plus souvent le manche des ses guitares. Quelle profondeur! Wahouuuuuuuu ça déménage! Et lorsque l’artiste vous glorifie d'un morceau de JB Lenoir, alors là, c'est à vous taper le cul par terre.

La dernière partie de son récital fait souvent référence au vaudou. Encore me direz-vous... que voulez-vous a force de côtoyer des gens comme les Hoodoo Men, qui ouvraient la soirée sur la scène de l'Espace Puzzle. Et que dire de sa voix de chanteur, puissante, précise, totalement différente du personnage lorsqu' il vous parle, une surprise totale. L’artiste raconte un blues imagé, un Blues de la misère, fait de complaintes et de pleurs le plus souvent, lorsque la rage, la colère de l'injustice se libère de cette poitrine suisse. Tout compte fait, l'homme nous enseigne le plus souvent que nos plaintes d'aujourd'hui ne sont rien encore comparées à la douleur que ressentaient ces pauvres blacks. A plusieurs reprises, j'ai ressenti une salle respectueuse, silencieuse, ne désirant que taper la godasse pour rythmer le chant, pour accompagner ce personnage attachant, mais cependant bien incapable de s'exécuter tant l' expression de l'artiste vous prenait à la gorge. Oui, chapeau bas Monsieur; pour l’avoir rencontré lors de son passage à la Traverse à Cléon il y a quelque temps déjà, je peux vous dire que l’artiste est devenu grand!

Ricky Bluesfeeling


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Hotel Bravo
Chroniques: Napoleon Washington, coup de coeur


Je n'ai pas encore eu l'occasion de voir Napoleon Washington sur scène, mais tous les comptes-rendus de ses concerts font état de prestations remarquables. Rien d'étonnant à l'écoute du premier CD de ce Suisse, excellent de bout en bout. Quatorze compositions (en anglais) et une reprise d'Alvin Youngblood sur lesquelles Napoleon Washington est au chant et à la slide (sur guitare à résonateur), dans un style qu'il maîtrise parfaitement. Basse, harmonica et percussions viennent enrichir l'ensemble par des arrangements inspirés, une choriste ajoutant sur trois morceaux une touche envoûtante. À la fois ancré dans la tradition et original (jusque dans la production : il a été enregistré en extérieur sous un pont), Hotel Bravo est une vraie réussite, à découvrir d'urgence.

Benoit Chanal


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Interview
Blues Café


Le public français va enfin pouvoir découvrir le talent de Napoleon Washington grâce à la distribution nationale de Mosaïc Music. Personnage haut en couleur, Napoleon Washington joue un blues teinté de tradition, de respect des racines mais aussi (et surtout) d'une incroyable modernité. "Hotel Bravo", son dernier album, est une invitation au voyage, intemporel, dans l'histoire et l'avenir du blues...   

Napoleon Washington a poussé la porte du Blues Café sur Couleurs FM pour nous parler de cet album.


Blues Café :  Tu ne vas pas échapper à la question à laquelle tu dois répondre à chaque interview, pourquoi ce nom "Napoleon Washington" ?
Napoleon Washington : Effectivement, c'est assez récurrent comme question [rires] Premièrement, c'est parce que c'est drôle ! Ça me fait rire et c'est un bon moyen de se rappeler qu'il ne faut pas se prendre au sérieux. Il faut prendre ce métier au sérieux mais soi-même peut-être un peu moins ! Il y a une autre raison plus profonde. J'avais envie de rendre hommage à une période de l'histoire qui me touche beaucoup. C'est le moment à la fin de la guerre de sécession où les esclaves ont été plus ou moins libérés, en tout cas émancipés. Beaucoup se rendirent compte alors que la marque de l'homme libre était d'avoir deux noms. Or, la plupart n'en n'avaient qu'un puisqu'ils étaient considérés comme du bétail jusque-là. Ils s'en choisirent donc un deuxième. Beaucoup prirent des noms grandiloquents. C'est la raison pour laquelle certains s'appellent King (BB King, Freddie King, etc.), Freeman ou Lincoln. Ça me bouleverse de penser à un truc pareil, c'est incroyable. C'est pourquoi, j'avais envie d'avoir la même démarche. En devenant quelqu'un de "libre" dans le monde de la musique, je souhaitais rendre hommage à ça.
 

Blues Café :  Quel a été ton parcours avant de jouer sous ton propre nom et d'enregistrer cet album "Hotel Bravo" ?
Napoleon Washington : J'ai un parcours relativement commun dans la musique. J'ai commencé très tôt à faire de la musique, j'avais une douzaine d'années. J'ai d'abord joué dans des petits groupes de garage, de rock'n'roll et le plus vite possible de blues. Quand j'ai commencé à savoir à peu près faire quelque chose avec une guitare, j'ai eu la chance de travailler avec des gens comme Gary Setzer, le frangin de Brian, guitariste des Straycats. J'ai fait pas mal de tournées en Europe avec lui dans les années 90. J'ai vraiment appris le métier à ce moment là. Suite à ça, j'ai eu un blues band électrique, le "Crawlin' Kingsnake Blues Band", qui m'a servi de laboratoire pour chercher ce que je voulais faire vraiment. Quand ce groupe est arrivé au bout de ce qu'il pouvait faire est apparu "Napoleon Washington".
 

Blues Café :  On sent que tu as un rapport vraiment spécial avec ta guitare. Tu as une histoire particulière avec elle n'est-ce-pas ?
Napoleon Washington : Oui, je travaille avec deux ou trois guitares sur scène et en studio mais il y en a une qui est vraiment la principale effectivement. C'est une guitare à résonateur, assez proche d'une Nationale. Elle m'a été offerte par des artisans de chez vous en France [Mike Lewis et Mike Avocat, ndr] dont un est à Paris et l'autre à Besançon. Ils en fabriquent quelque chose comme 25 par an à peu près, pas plus. C'est vraiment du sur-mesure. Ils en ont fabriqué pour tout un tas de grands noms - Eric Clapton, Francis Cabrel - et c'est à moi qu'ils ont décidé d'en offrir une donc c'était vraiment très touchant. En fait, je leur dois beaucoup plus qu'une guitare car il se passe tout autre chose quand on commence à entrer dans ce type de rapport avec un instrument. On peut travailler vraiment différemment. On atteint un état de grâce, une osmose avec l'instrument, c'est une très belle chose.
 

Blues Café :  Cet album "Hotel Bravo" a été enregistré dans des conditions spécifiques loin des grands studios. C'est un vrai choix pour toi n'est-ce pas ?
Napoleon Washington : Oui, c'était une démarche. Je ne sais pas comment la situation va évoluer car le marché du disque bouge pas mal, mais je crois encore aux albums qui sont des histoires, des paquets conçus en une pièce avec une continuité, une intention, une démarche. Je n'ai jamais été intéressé de faire un album qui était la reproduction de ce que je faisais sur scène. J'ai plutôt envie de faire quelque chose de complémentaire. C'est la même musique, la même intention mais sur scène on a tout un impact visuel, le contact avec le public, la prise de risque, etc. Il se passe beaucoup de choses sur scène qu'il n'est pas possible de reproduire en studio. Je crois qu'il faut faire bien attention de remplacer cela par autre chose. En l'occurrence, on a décidé d'enregistrer cet album en extérieur, sous un pont routier, dans un immense hangar de marchandises. On a fait venir un gros camion avec un studio à l'intérieur. Il a fallu faire dévier la circulation par la police et bloquer chaque côté du pont avec des grands velours. On a travaillé là dessous, en pleine ville, pour enregistrer cet album. On entend la vie de ce contexte urbain derrière et je pense que ça lui donne une couleur, une particularité.
 

Blues Café : Le travail sur le son est fondamental pour toi ?
Napoleon Washington : Oui, c'est capital. Je crois qu'on passe d'un hobby à un travail professionnel en soignant ce genre de détail. Sur scène, lors des concerts en solo, on est en réalité un duo. Il y a moi qui joue et un ingénieur du son qui amène ma musique au spectateur. Pour moi, ce n'est pas dissociable, c'est un tout.

Blues Café :  Sur le site Internet du Blues Café, les auditeurs peuvent poser des questions à nos invités. Vincent est guitariste et il te pose deux questions. La première, qu'il qualifie de "futile" est la suivante : "Ton look est assez rock'n'roll, correspond-il à un mode de vie ou une philosophie particulière?"
Napoleon Washington : C'est une question assez amusante [rires] C'est peut-être difficile à croire mais je n'ai pas le sentiment de travailler particulièrement ce truc là. Sur scène, on s'habille avec les "habits du dimanche". Je ne dis pas ça par hasard. Le seul endroit où les blancs foutaient la paix aux nègres c'était à l'église. C'était le seul endroit où ils pouvaient faire de la musique et se laisser un peu aller. Il en est resté une tradition dans le blues, celle de s'habiller pour faire de la musique. Je trouve que c'est beau, ça fait aussi parti du contexte et il ne faut pas l'oublier. Ceci dit je ne suis pas très différent de la vie de tous les jours mais ce n'est pas une démarche, je ne le crois pas. Je suis comme ça.
 

Blues Café : Vincent te pose une autre question plus technique : "Certains de tes morceaux ont des passages en mineur, par exemple River of Tears, joues-tu en open tunning mineur ou es-tu adepte du jeu au doigt derrière le slide (ça s'appelle le Fretting behind the slide)?"
Napoleon Washington : Comme j'ai à faire à quelqu'un qui sait de quoi il parle, je vais lui répondre précisément ! Dans River of Tears, c'est du fretting. Je joue parfois avec la guitare en lap, c'est à dire sur les genoux, mais c'est très rare. Parfois, je suis accordé en majeur et je prends des positions en mineur, comme dans River of Tears. Puis, il y a d'autres morceaux où j'emploie un accordage en mineur et je le fret parfois en majeur.
 

Blues Café : On sent que tes influences sont nourries par des bluesmen majeurs comme Charley Patton, Son House ou Blind Willie Johnson mais aussi d'artistes beaucoup plus contemporains qui s'illustrent en jouant de la musique acoustique comme Eric Bibb ou Keb' Mo'. Quel regard portes- tu sur cette nouvelle génération ?
Napoleon Washington : Je suis très rassuré par les gens qui font ça. Je refuse de croire que le blues appartient au passé mais je pense que le passé appartient au blues. Une partie de l'histoire fait partie du patrimoine du blues. C'est une chose précieuse qu'on doit respecter mais chercher à reproduire le vieux son, ça me désespère. A ma mesure, je tiens absolument à faire quelque chose de très contemporain. Tous ceux que j'écoute, comme Keb' Mo' ou même Ben Harper, jouent un blues très contemporain, sans complexe, où ils ne se sentent pas obligé de reproduire un son des années 50. Je leur en suis très reconnaissant car c'est grâce à eux qu'on pourra continuer à faire ce travail.
 

Blues Café : Tu nous avais parlé, il y a quelque temps, d'un projet assez pharaonique.  Tu as pu le réaliser ?
Napoleon Washington : Oui, ça a eu lieu en Suisse à la fin du mois d'octobre. Il s'agissait d'un très gros concert qui a eu lieu dans un bon théâtre pas très loin de chez moi. On était en trio sur scène avec un batteur percussionniste et un pianiste qui avait un piano à queue, un Hammond B-3 et un Rhode. A lui seul, il prenait déjà la moitié de la scène. C'était un concert vraiment magique qui intégrait en plus tout un travail sur l'image. Ce truc à eu suffisamment de succès pour qu'on puisse le filmer avec plusieurs caméras dans des conditions très professionnelles. Il y aura donc peut-être un DVD qui va sortir.
 

Blues Café : Napoleon Washington, ce fût un grand plaisir de t'accueillir dans notre Blues Café sur Couleurs FM. Bonne continuation et à bientôt !
Napoleon Washington : Merci beaucoup, à bientôt !

Interview réalisée le 06/12/04
par Cédric Vernet et Francis Rateau


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Chronique
Respect


Napoleon Washington, Suisse comme son nom l'indique ("Washington" pour faire américain, "Napoleon" pour...), est venu avec sa guitare à résonateur, son bottleneck et son chapelet de compositions pour emporter le morceau devant un public recueilli et captivé. Raph Bettex a le respect de l'histoire, sait que la Louisiane a été vendue par les français et se sent redevable du passé. Le respect est le maître de ses mots. "J'essaie d'avoir le bon rapport espace-temps en tant qu'européen blanc qui joue du Blues" nous confie-t-il.

Ce solide gaillard de 32 ans, cheveux longs et sourire aux lèvres, sait séduire son auditoire et parler de son activité avec verve. "J'aime ce métier" poursuit-il, "j'ai cherché pendant des années la chaise sur laquelle je suis bien assis"...Après avoir tâté de la batterie vers l'âge de 11/12 ans, il prend la guitare et suit un parcours "classique"... dans le Rock'n'Roll. En formule électrique style Mississippi et Louisiane, il se cherche encore et déclare: "je n'arrivais pas à faire ce que je voulais, je trouvais que Stevie Ray Vaughan c'était très bien, mais ce qu'il a entraîné comme clones, c'est bad plus". Seul sur scène? "S'il y a 500 personnes devant moi, je ne suis pas seul, on est 501! J'assure la section rythmique et mélodique"... ce qui lui permet une totale maîtrise de sa musique.

C'est donc seul qu'on peut à présent voir ce formidable chantre d'un blues très roots très pur, puisant son inspiration chez les maîtres du genre, avec une parfaite maîtrise de son instrument: "le toucher idéal pour moi, c'est la guitare à résonateur, car là on peut bosser 8 heures par jour. Je ne l'appelle pas "dobro", ça c'est pour les rednecks!" Dans ses paroles, il privilégie la simplicité, tout ce qui ressemble à la vie, le quotidien: il raconte des histoires et cela suffit à son bonheur de compositeur. "Pas en français, je n'en ai pas envie. Ca ne m'est même pas venu à l'idée..."

Sa voix fascinante, envoûtante, rauque et mâle, résonne dans les têtes bien après le concert... La voix est selon lui l'instrument le plus primitif, on en parle en métaphores: "grain", "profondeur"... ; chez lui, ce n'est pas un vain mot.

Déjà fort de deux tournées US, c'est encore aux States qu'il enregistrera à nouveau pour Sepia en 2005, après son formidable opus "Hotel Bravo". Deux passages à Cahors ont convaincu les amateurs que le captivant Napoleon Washington a un fort potentiel, pour l'instant assez peu reconnu en dehors de la frange des passionnés. Mais cela va changer, et vite!

Marc Loison


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Concert
Frissons de blues avant la fin


La tombée de la nuit a été belle à chaque fois, mais on y goûtait plus ou moins à son aise selon ce qui se passait sur la Grande Scène. Samedi, l’ultime déclin du soleil sur le Festival de la Cité a marqué les brèves et urgentes retrouvailles de la Place du Château avec une musique propre à «l’habiter». Alors que les bâtiments alentour s’emplissaient d’une luminescence presque éblouissante, Napoleon Washington brillait sur scène. Seul devant un public clairsemé mais de plus en plus attentif, le bluesman chaux-de-Fonnier a fait une véritable démonstration de force vive. Son alliée la plus sûre: sa guitare - en métal, de préférence, celle en bois sommeillant la plupart du temps -, qu’il connaît comme on connaît le corps de l’aimée, et qu’il a posé à deux reprises sur ses genoux. Pinçant les cordes ou s’enroulant autour d’elles, ses doigts ont dessiné les contours du coffre de l’instrument. Le reste - le souffle, la respiration, le silence - est venu de quelque chose que Napoleon a assurément et que l’on désigne en anglais par le mot «spirit». L’esprit du blues, vivant à travers ces mélodies qui, comme l’a souligné le musicien, appartiennent à tous et à personne en particulier.

«La chanson qui va suivre, j’aurais bien aimé l’écrire mais un autre l’avait fait avant moi», s’est excusé le chanteur au moment d’entamer le joyeux Lovin’ in my Baby’s Eyes de Taj Mahal. La plupart des autres morceaux étaient de sa composition, mais à moins d’être un fin connaisseur du blues du Delta, la distinction n’était pas évidente. Le même souffle les traversait, investi par des modulations et des inflexions insolites: une voix enrouée qui, dans le registre de la complainte incantatoire, rappelle par moment Kurt Cobain, un sens très fin des ruptures de rythme, ainsi que des «emprunts» à d’autres formes musicales. Les moments les plus forts du concert sont d’ailleurs venus d’un vaudou ensorcelant (Dance on my Grave) et d’une rumba délicieusement tanguante (Green Missing).

Si, à la fin de chaque chanson ou presque, Napoleon devait s’ébrouer sur sa guitare en criant «oh yeah», sans doute pour s’arracher à sa profonde immersion, l’auteur de ces lignes peinait à réfréner d’intempestives larmes.

Michael Rodriguez


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Rencontre
Just a Bluesman


Le nom

D’où sors-tu ce nom ?

J’ai une grande sensibilité à l’histoire noire américaine et la passion du Sud profond, de la Louisiane. C’était un clin d’oeil que d’exprimer ma dualité euro-américaine à travers deux figures historiques... Et puis, il y a cet épisode que je trouve bouleversant, lors de l’émancipation des esclaves à la fin de la guerre de sécession: les noirs qui n’avaient qu’un prénom, comme du bétail, se sont trouvés obligés par leur nouveau statut d’hommes libres de se choisir un deuxième nom. Tant qu’à faire, souvent grandiloquent... Je trouve ça bouleversant, mon nom est un hommage à ça. Mais ce n’est pas pour autant du prosélytisme, je ne lève aucun drapeau. En outre, il y a une idée d’impact médiatique, j’imaginais que ce nom susciterait la curiosité. Mais ce n’est pas une simple démarche intellectuelle... Bon, en plus je me disais aussi que le public retiendraient un truc pareil, que des questions se poseraient...

Et avant ?
En deux mots, cela fait environ deux ans que Napoleon Washington existe. J’ai tourné avant avec un groupe de blues électrique, le Crawlin’ Kingsnake Blues Band, qui accompagnait l’harmoniciste Rock Bottom (aujourd’hui décédé) sur ses tournées en Europe. C’est lui qui m’a encouragé à jouer en acoustique.


La guitare

Et cette fameuse guitare ?

C’est une très belle histoire. Ma guitare n’est pas une Dobro, ni une National. C’est une Fine Resophonic, elle a été construite par des artisans français (Mike Lewis / Pierre Avocat) qui en fabriquent très peu, environ 25 par an. Ils en ont fait pour Goldman, Clapton, Cabrel, Hallyday, Verbeke, par exemple. A moi, ils me l’ont offerte pour que je bosse avec, c’est incroyable. En fait, j’avais besoin pour un disque d’une guitare avec résonateur et un collectionneur m’en a prêté une, comme ça, sans me connaître, sans avoir jamais vu ma gueule... pour une session de studio, une guitare de grande valeur, incroyable. On est devenu amis et j’ai découvert qu’il en fabriquait sous le nom de «Fine Resophonic». Voilà, ils me l’ont finalement filée alors que je ne suis pas connu. Du coup j’ai un terrible rapport affectif avec cette guitare, c’est comme une personne. Et en plus elle a un son très difficile, c’est comme un cheval fougueux, un bronco, il faut la dompter. Il faut des mois et des mois pour obtenir quelque chose d’elle, la dresser. Et quand tu y arrives, tu te rends compte que c’est elle qui l’a voulu, elle qui décide…

Et pourtant tu la délaisses de temps en temps pour une maîtresse plus acoustique?
Oui, et cette autre guitare (une Martin) a aussi une histoire. D’ailleurs, ces jours, c’est un peu son 1er anniversaire ! il me fallait une seconde guitare parce que si une part du répertoire se joue sur une guitare à résonateur, une autre a besoin d’un modèle différent. Ce n’est alors pas le même son, pas le même langage, pas le même vocabulaire. Je bossais sur une guitare merdique, une croûte sans nom et c’est mon ingé-son qui, n’en pouvant plus d’entendre cette boîte à godasse, a réuni tous nos amis, leur a tapé 100 balles à chacun et m’a offert une vraie guitare!


La voix

Tu parles de la guitare comme partie inhérente de toi mais peu de ta voix, cette voix qui est essentielle chez toi et qui vient peut-être avant le reste…

Peut-être... La guitare comme la voix font simplement partie de moi. Seulement l’instrument est une partie exogène, ce sont des gens qui me l’ont confiée pour que j’en fasse quelque chose. La voix, elle, je ne l’ai reçue de personne, pas même de moi à vrai dire. Il faut que je fasse avec, que j’y mette beaucoup d’amour, et de travail, pour obtenir un résultat qui me convienne. En fait, je ne fais pas de distinction entre ma voix et la guitare, c’est un ensemble. Je fais de la musique, ma musique. Les outils ne sont important que d’une manière relative, par exemple dans le rapport affectif dont nous parlions tout-à-l’heure. Mais pas vraiment dans le résultat final.


Le Blues

Et le blues dans tout ça ?

C’est plus un respect qu’une démarche, une compréhension historique du blues. Je suis nourri de gens comme Son House ou Charley Patton, mais aussi d’artistes actuels tels Keb’ Mo ou John Mooney, qui ont fait du blues une musique moderne. Tu sais, je suis très, très attentif à faire quelque chose de contemporain. Le blues blanc et le blues noir, ce n’est évidemment pas la même chose, et je ne chante pas les champs de coton parce que je n’ai rien qui me permettrait de le faire. Je suis un Suisse de la ville, ou des montagnes, rien à voir avec un Black du Mississippi. Le blues est une culture de déraciné, et le fait que je m’y sente mieux que celle dans laquelle je suis né fait en quelque sorte de moi aussi un déraciné! Je ne sais pas pourquoi et je ne peux pas l’expliquer, c’est ainsi. Je n’ai pas de mission, ni de rôle particulier. Je fais seulement avec mes moyens une musique sincère, directe, qui parle de la vie de tous les jours et qui essaie de faire plaisir. Le blues ne devrait pas être ma culture de base, et pourtant... mais je respecte la tradition et je ne chante que les blessures et les caresses de la vie, ma vie. J’aime suffisamment cette musique et ce métier pour que ça renverse les barrières logiques d’un européen du 21ème siècle!


Le CD

Ce 1er album, c’est une naissance ou une renaissance ?

Plutôt une naissance, c’est déposer une marque, prendre une petite place dans la galaxie. C’est aussi une étape importante. D’abord j’ai eu la chance d’avoir une belle distribution (Mosaïc Music en France. ndlr) mais aussi, le fait de ne pas être sur une major me donne une grande indépendance pour faire ce que je veux. Et j’avais à cœur de faire de cet album, un objet fini, avec un début, une fin, une trame, une histoire… J’aime faire des disques qui sont comme un plat, qui a du goût et qu’on ne sert qu’une fois. C’est ça et pas autre chose. Et je n’aime pas chercher à reproduire en studio ce qu’on peut faire sur scène; ça n’a pas de sens, ce sont deux choses différentes, même si c’est la même identité. Le studio et la scène doivent être des prolongements mutuels. On a beaucoup travaillé le son, la couleur, la production. Il faut maîtriser tous les vecteurs de la communication qu’on souhaite établir avec le public. Le son est un message. Alors autant savoir ce qu’on dit... Pour cet album, on a fait tout un travail là-dessus: Il y a bien sûr toutes les chansons qui racontent des histoires, qui parlent, qui créent un petit univers, comme une petite fenêtre sur le monde, sur ma vie.. mais au-delà, avec mon ingé-son, on avait envie de lui donner un caractère, une gueule, à cet album. Tu sais, des considérations comme par exemple le fait que le blues soit d’origine rurale alors que je vis dans une atmosphère urbaine. Chacune de ces petites questions, et il y en avait des tonnes, devait trouver sa réponse. Finalement, on a enregistré ce CD dans une sorte d’immense gare de marchandises, sous un pont. On a fait venir un studio ambulant et tout a été enregistré sous le pont, qu’on avait réussi à faire fermer, dans cette gare, en plein air, en pleine ville et on entend un peu au loin la respiration et les bruits de la cité. Ça lui donne une vie, une âme. Et peut-être aussi une originalité, je crois vraiment qu’il faut se donner la peine de fabriquer la curiosité qu’on voudrait que les gens y mettent…
Quant à la scène, si je suis tout seul, ce n’est pas pour cela qu’il faut penser que c’est un show en solo. C’est au minimum un trio! Il y a un ingénieur du son, responsable pour moitié de ce que les gens entendent. Il y a aussi quelqu’un qui organise tout ça, trouve les dates, gère les ventes, prend les RV, un homme indispensable, un ami aussi, c’est Eric. Napoleon Washington, c’est un trio, c’est important.
Et puis il y a les projets, toujours des tonnes de projets à gérer. Par exemple, je prépare un nouvel album pour 2005 et en même temps un spectacle à trois sur scène (percussionniste, clavier et moi), avec des films, de la vidéo, un truc énorme, gros décor, infrastructure importante, pour intégrer la notion de spectacle à l’émotion. J’ai un agenda plus lourd qu’une enclume.


Les goûts littéraires

Tu parles parfois de ton disque comme un roman, comme d’une écriture. Quelles sont tes références littéraires ?

Beaucoup de liens se tissent entre ce que je lis et ce que j’écris en musique. Je lis surtout en anglais, et je suis sensible à des gens par exemple comme Paul Auster, ou Ernest Gaines qui a écrit sur la culture noire américaine des choses d’une profondeur invraisemblable, notamment ce livre, « A Gathering Of Old Men», dont Schlöndorff a fait un film. Il y a aussi Iceberg Slim, de son vrai nom Robert Beck, qui était un souteneur dans le Chicago des années 40 et 50 et qui, dans ses livres racontant des histoires invraisemblablement sordides, décrit aussi les horreurs des ghettos noirs dans les grandes villes avec une dureté et une fulgurance incroyables.

Francis Rateau


(Note de la rédaction : Iceberg Slim a écrit des livres qui se sont vendus à plus de 8 millions d’exemplaires dans le monde, et qui ont inspiré toute une frange de la communauté afro-américaine et hip hop dont les rappeurs Method Man, Jay-Z et Ice-T qui a pris ce nom en hommage à Iceberg Slim (Les deux principaux livres sont «Trick Baby» et «Pimp»)


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Interview
Cahors Blues festival : entretien


Après un concert très chargé en émotion sur la scène acoustique du festival de Cahors, j’ai rencontré l’homme à la guitare à résonateur et à la voix d’outre-tombe, le Suisse Napoleon Washington. Une petite conversation s’en est suivie, je vous en livre ici les passages les plus croustillants.

Joël Bizon: Bonjour Napoleon Washington. Peux-tu nous éclairer un peu sur ton parcours...
NW: J’ai commencé la guitare à 12 ans, et j’ai illico joué pas mal en formation électrique. J’ai accompagné les tournées du New Yorkais Gary Setzer & The Roustabouts, plusieurs fois de suite (91, 92, 95). En 1992 j’ai monté un band, The Crawlin’ Kingsnake Blues Band qui s’est produit une huitaine d’années. On jouait en Europe et aux États-unis et nous avons produit un album intitulé « Stomp My Feet ». Par ailleurs, nous avons fonctionné comme backing band européen pour l’harmoniciste de Tampa (Floride) Rock Bottom sur cinq tournées en Europe, et au cours d’une tournée du Crawlin’ Kingsnake aux Etats-Unis, nous avons participé à son dernier album. Rock Bottom est aujourd’hui décédé, paix à son âme.

Puis tout à coup tu te consacres à l’acoustique?
Oui, après pas mal d’électrique, je décide en 2000 de m’attaquer à l’acoustique. Un blues plus primitif, plus organique, plus animal, que je crois avoir toujours eu en moi. C’est comme suivre une lumière, que la distance te ferait voir comme un petit point et que tu essaies d’approcher au plus près. C’est comme cela que je suis passé du blues électrique à un blues plus acoustique, en continuant de chercher. J’ai l’impression avec ce disque, Hotel Bravo, d’avoir trouvé le terrain propice et d’avoir planté une petite graine qui peut maintenant se développer et grandir.

Hotel Bravo est ton premier album solo?
Oui, mon premier bébé sous cette formule. Les quinze titres de Hotel Bravo sont vraiment très personnels, c’est un cheminement. Mais ce n’est pas non plus un produit qui veut hisser l’étendard du Blues acoustique. Je ne pense pas que l’acoustique, ou le blues en général, ait quelque chose à gagner à être pratiqué comme une religion. En revanche, je me retrouve bien dans cet album, j’ai trouvé ce que je cherchais. J’arrive maintenant à bosser des heures sur une guitare si c’est nécessaire. En électrique, j’avais plus de mal, parce que je n’y prenais pas autant de plaisir. Ce qui est difficile, n’est pas forcément de consacrer beaucoup de temps à bosser sur un instrument, mais d’avoir du plaisir à le faire. Encore une fois, je n’en fais pas une religion mais je vais là ou cela me fait du bien... Cela n’empêche pas qu’il soit possible que sur le prochain, il y ait un ou deux titres électriques. Je garde toutes les portes ouvertes en fonction de mes envies.

Tu composes ta musique et tes textes, de quoi t’inspires-tu?
Doug MacLeod me racontait qu’à ses débuts, il avait fait part de son envie de faire du blues à je ne sais plus quel vieux bluesman noir, lui avouant qu’il ne savait pas par quel bout commencer: «Je ne suis pas noir, je n’ai pas connu les champs de coton, encore moins l’esclavage, j’ai jamais été au crossroad». L’homme lui a répondu «Tu connais la solitude, la pauvreté, tu as déjà été triste, tu sais aussi ce qu’être heureux veut dire! Alors écris avec ce que tu connais, certains ont écrit sur les champs de coton parce c’était leur quotidien, donc la matière de leurs chansons. Parles de ce que tu connais. Sois honnête, et tu pourras le faire». J’applique cette maxime à la lettre, je compose mon répertoire avec mon vécu, mes émotions, mes sentiments.

Parle nous de tes influences...
Tout ce qui vient de la Nouvelle-Orléans me fait énormément de bien! Je suis un fou furieux de Dr John et de James Booker qui étrangement sont des pianistes. Coté guitare, j’admire par exemple John Mooney, c’est un gars qui a fait un boulot énorme. Mais ce n’est pas pour cela que je lui pique des plans ou quoi que ce soit. Les gens n’ont pas forcément envie, moi le premier, d’écouter du réchauffé. Mis à part Mooney, j’écoute très peu de guitaristes, cela ne m’intéresse pas forcément de m’abreuver de guitare sous prétexte que je pratique cet instrument. Moi ce qui m’intéresse c’est la potion, qu’elle soit faites avec tel ou tel instrument est un point de détail. Je cherche l’épice, le savoir-faire, une certaine rhétorique. L’outil n’a pas tellement d’importance. Il m’est arrivé de reprendre par exemple des parties de Booker écrites pour le piano, que j’adapte à la guitare. Ce qui m’intéresse c’est le groove, je suis beaucoup plus influencé par exemple par Professor Longhair, Dr John ou James Booker que je pourrais l’être par un gars comme Keb’ Mo, malgré que je le respecte et que j’aime beaucoup son boulot.

Est-il exact que le patron d’Alligator Bruce Iglauer avait fait pas mal d’éloges à l’écoute de Hotel Bravo?
Oui, c’est exact, il était extrêmement positif. Mais n’étant pas à même d’ouvrir le marché américain à un musicien européen, il ne l’a pas pris sous contrat. Idem pour Ruf Records qui ne s’est pas engagé malgré qu’ils trouvaient ce projet de qualité.

Donc Eric Laesser, de Sepia Productions, le produit. Il y a longtemps que tu connais Eric?
Il y a une quinzaine d’année que je connais Eric Laesser. C’était déjà un ami bien avant qu’il ne fonde son agence. Pour ce qui est de notre collaboration, elle date d’environ 7 ans.

Hotel Bravo sera distribué en France?
Oui il sera distribué par Mosaic Music Distribution, cela vient d’arriver chez eux. On en est au balbutiement pour la France. J’espère que ce premier album plaira aux français.

Adolescent, tu écoutais quel style de musique?
Du Blues, et pas mal de Rock and Roll. J’ai été un grand fan des Stones! J’ai toujours eu l’impression qu’ils avaient rêvé de faire du blues. Leur destin les a amené à être le plus grand band de rock du monde, mais leur truc au départ, c’était le Blues. Ce qui, par ailleurs, corrobore la vacuité des étiquettes.

Lorsque l’on te regarde on constate une petite ressemblance avec Willie Deville. Est-ce voulu?
Non... je crois qu’il serait particulièrement idiot d’essayer de ressembler à qui que ce soit. Mais c’est toujours la même histoire: tu te laisses pousser la barbe et tout le monde te dit que tu joues comme Clapton, ou tu portes un chapeau et tu n’entends plus parler que de Vaughan, ou tu joues ta guitare sur les genoux et c’est ben Harper. Au secours! Ceci dit, j’essaie de ne pas faire les choses au hasard, parce que si tu ne maîtrises pas ce que tu communiques, tout finit par parler à ta place sans dire ce que tu voudrais. Je n’essaie pas de reproduire ou de copier l’image de Willie Deville ni de quiconque, que ce soit musicalement ou dans ce qui va avec. J’essaie de faire quelque chose qui me ressemble, qui me convient et qui me correspond, simplement. Mais attention: je ne me contrains pas non plus par des règles de l’ordre de «je ne peux pas faire ceci ou cela parce que Truc ou Machin le fait aussi». Comme Deville, je joue une musique puisée dans la culture du sud de l’Amérique, plus précisément celle de la Nouvelle-Orléans.

Je vais poser la question autrement. Est-ce que Willie Deville fait partie des musiciens que tu écoutes?
Là, oui. Je pense que quelques uns de ses derniers albums sont vraiment intéressants. Ensuite, je ne sais pas exactement par ou cela passe, mais à partir du moment ou tu as du plaisir à écouter quelqu’un, je suppose qu’il est normal que cela ait une influence sur ton travail. Mais faisons la part des choses: quand quelqu’un fait une analogie entre lui et moi, je remarque qu’au fond ça a plus à voir avec ma chemise ou ma coupe de cheveux qu’avec ma musique. Quoi qu’il en soit, je fais très attention de ne pas proposer une copie de quelque chose. Sans prétention, parce je crois que l’on invente jamais vraiment rien! Je ne voudrais d’ailleurs pas être un genre de Deville européen, un clone comme l’ont été la génération de clones appliqués de SRV ces quinze dernières années! Il se trouve qu’il y a sans doute des points communs, parce que nous avons probablement un amour similaire pour la culture de la Nouvelle-Orléans. L’analogie serait plutôt là, à mon avis. Mais restons sérieux, il y a une sacré différence d’échelle entre lui et moi. Ce n’est pas la même ligue du tout, évidemment. Disons que mon boulot serait plutôt modestement parallèle au sien, suivant un même axe, et regardant une même direction. Mais je me garde bien de me faire des modèles. Je suis redevable de la même manière à tous les musiciens qui m’ont fait vibrer.

Pourquoi ce nom Napoleon Washington?
Il y a quatre raisons. La première est simplement que je trouve ça drôle, c’est le coté non-sens qui me permet de me rappeler que pour survivre dans ce métier il vaut mieux ne jamais se prendre au sérieux.
La deuxième raison, c’est que Napoleon et Washington sont deux mots que toute la planète, de Tokyo à Vladivostok, a déjà prononcés sans jamais les associer. Mis ensemble, ils deviennent un nom tellement inattendu et facile a prononcer que tout le monde s’en rappelle. Mon band précédent, qui s’appelait Crawlin’ Kingsnake Blues Band, m’a donné une bonne notion de ce que signifie un nom que personne n’arrive à retenir... j’essaie de ne pas faire les mêmes conneries deux fois. C’est du marketing appliqué, en somme.
La troisième est plus profonde. Dans mon envie de faire quelque chose de contemporain, je veille à garder l’esprit des racines. J’ai un grand respect pour ceux qui en ont construit les bases. Ce nom fait donc référence à l’épisode où Napoleon Bonaparte a vendu en 1803 la Louisiane aux américains, pour 80 millions de dollars. C’est toute l’histoire des déportations française en Acadie, puis d’Acadie vers la Louisiane, et évidemment des déportations d’africains. Il y a donc un clin d’œil à la terre de Louisiane là dedans, qui avec le Mississippi est le berceau de ma musique et du Blues en général.
La dernière raison, sûrement la plus importante, est de rendre hommage à l’émancipation des esclaves noirs, et à un épisode unique dans l’histoire de l’humanité à la fin de la guerre de sécession, lorsqu’ils sont libérés, les esclaves passent d’un seul coup du statut de bétail à celui d’êtres humain. Ces gens, qui souvent avaient été baptisé par leur propriétaire d’un seul prénom, doivent se choisir un nom et un prénom. C’est pour eux le premier contact avec cette liberté qu’on leur promet. Complètement dépourvus, ils choisissent de grandiloquents patronymes tels que King, Lincoln, Moses ou Washington, ou Freeman: voilà des noms qui en disent beaucoup sur les souffrances endurées... Ça me touche beaucoup. D’où cet hommage.
D’ailleurs, tout à l’heure on parlait des Stones. Leur nom est un hommage à la chanson Rolling Stone de Muddy Waters, mais de quoi parle t’elle, cette chanson? Il ne s’agit pas de celle de Dylan, on est dans un tout autre contexte: les rolling stones (pierre qui roule) était ces cailloux que les esclaves d’Afrique de l’ouest avalaient avant d’être embarqués sur les bateaux négriers, sans l’idée d’emmener avec eux une un morceau de leur terre. Ils le digéraient, le déféquaient et le réingurgitaient, tout au long de la traversée. Ce caillou était un trésor inestimable! Tu imagines la force qu’il y a derrière cela! Et arrive un moment où tu dois te poser la question du nom sous lequel tu vas proposer ta musique. Autant en prendre un qui résume ce en quoi tu adhères, qui raconte quelque chose. Les occasions de parler de ce qui nous tient à coeur sont rares.

Sur scène, tu présentes tes morceaux, c’est un petit plus non négligeable?
Un concert est un acte de communication. Donc il faut t’efforcer de donner des clefs à ton public, pour lui permettre de rentrer au mieux dans tes chansons, lui donner accès à l’émotion que tu as mis dans tes textes! Mais en faisant cela, il faut aussi faire très attention de n’être ni moralisateur, ni de chercher à éduquer les gens. Et puis, mon travail n’est pas seulement de balader mes doigts sur un manche. Pour que des gens prennent du plaisir, et qu’il en ressorte quelque chose, il faut établir une communication.
Un journaliste me demandait hier si ce n’était pas trop difficile d’être seul en scène. D’abord je ne suis pas seul, nous sommes une équipe: il y a un ingénieur du son, sur qui pèse une immense responsabilité et un agent qui doit s’occuper de toute l’intendance et de l’organisation. Et puis, s’il y a 500 personnes au concert, je suis peut-être seul sur scène mais nous sommes 501! Eux et moi allons faire que se crée un moment magique, établir un pont, un chemin, un tuyau, appelles cela comme tu voudras. C’est mon devoir de donner ça aux personnes qui ont fait l’effort de venir. Si cela ne marche pas c’est que j’ai été mauvais. Expliquer mon répertoire, ou plus simplement raconter des histoires, est une des composantes du show.

Justement au niveau des ingénieurs du son, pas mal de musiciens se plaignent d’avoir du mal à en trouver de vraiment bons en Europe et que seuls les américains auraient vraiment le son. Es tu d’accord avec cela?
Foutaises. C’est une question d’individu. Un ingénieur du son est exactement comme un musicien, c’est un membre du band avec sa part de travail. Tu peux la faire bien ou un peu moins bien, comme pour un instrumentiste. Comme pour un instrumentiste, certains croient savoir tout faire et restent en dessous de leur prétentions. D’autres plus spécialisés et moins vantards t’apporteront quelque chose de très pointu. Parfois, on tombe sur un vrai polyvalent... Tout cela est une question d’individualité. Chez nous, la musique live étant moins consommée, le bassin de gens compétents en blues par exemple est plus restreint qu’aux USA, c’est simplement logique. Et quand on tombe sur une perle, il faut encore qu’ils soit prêt à mouiller sa chemise avec toi sur un projet! Le tout c’est d’en trouver un bon et quand t’en as un, le garder. Moi, depuis de nombreuses années, je travaille avec Fabian Schild, et ce mec est un putain de génie.

Peux tu nous parler de tes projets pour les mois à venir?
La distribution de l’album par Mosaic, que les ventes puissent décoller... à court terme j’aimerais bien aussi que les médias s’intéressent un peu à ce produit. Sinon il y a deux ou trois projets parallèles qui se croisent. La mise en chantier du prochain album qui s’enregistrera sûrement aux Etats-Unis et qui devrait sortir en 2005, notamment. Les arrangements sont déjà écrits, on cherche du monde pour jouer dessus, tout cela se met en place.
En fait, Napoleon Washington est un concept à géométrie variable. Généralement, je travaille seul, pour des raisons économiques mais aussi parce que c’est une très bonne école, très dure, la meilleure pour apprendre le métier. Et puis de temps en temps en fonction des envies et des moyens, on met en place de plus gros spectacles, avec d’autres musiciens. Comme disait un chanteur auvergnat, Jean-Louis Murat je crois, «Une chanson c’est comme une nana: des fois, c’est à poil qu’elle est le mieux, quelquefois c’est juste avec un petit collier, d’autres fois en bikini, et à certaines occasions avec une très belle robe de soirée!»
Tout dépend de l’envie du moment, de l’axe d’un album, du propos que l’on veut tenir. Derrière cela, à toi de te donner les moyens d’avoir accès à la plus grande garde-robe possible! Je veille à ne pas me laisser enfermer dans une seule formule qu’elle soit solo, duo trio, ou n’importe quoi d’autre.

Aurais-tu préféré vivre à une autre époque ou te trouves-tu bien dans la tienne?
La mienne me convient. Je suis européen, blanc, nous sommes en 2004: je ne peux rien changer à cela. Je n’ai jamais été particulièrement enchanté de cet état de fait, mais je n’ai pas d’énergie à gaspiller en lamentations sur ce que je ne peux pas changer. A partir de là, je cherche à faire quelque chose de contemporain qui colle à mon époque. Je fais très attention de ne pas faire du vieux blues. Je ne suis pas noir, je ne suis pas américain, je ne suis pas un juke box, et je ne vis pas dans les années cinquante. Pour moi il n’y a aucun intérêt à remâcher ce qui a déjà été fait autrement que pour apprendre comment c’est fait. Chez moi, en travaillant mon instrument, oui. Sur scène, en studio, non! Personne n’arrivera à jouer du Robert Johnson si bien que Robert Johnson lui-même. Ce qui est intéressant, c’est de comprendre pourquoi il est génial. Pas d’essayer de l’imiter en lisant une stupide méthode avec tablature.
Proposons une alternative! Regarde, hier j’étais au concert des Imperial Crowns, et leur prestation m’a interpellé. Ce n’est pas ce que j’ai l’habitude d’écouter, mais ces gars là proposent quelque chose d’excellent. Quand Muddy Waters a débarqué de sa plantation à Chicago pour inventer le blues électrique, le concept était vraiment révolutionnaire, hyper moderne, le public de l’époque a du le prendre pour un cinglé! Les Imperial Crowns sont tout aussi modernes, à la pointe du live, dans la même démarche que Waters à l’époque.

As-tu un coup de gueule à pousser?
Pousser des coups de gueule dans les médias est toujours à double tranchant. Par exemple je pourrais dire que je regrette qu’en Europe on ne consomme pas davantage de musique live! Mais si je devais pousser un coup de gueule à propos de cela, je le pousserais contre qui?
La population qui ne se déplace pas assez sur les concerts? Si il y a si peu d’engouement pour les prestations live, c’est peut être que ce que l’on propose n’intéresse pas vraiment. Le blues a la réputation d’une musique chiante, triste et cafardeuse dans l’imaginaire collectif. Et si c’était la faute des musiciens? J’en ai sûrement ma part de responsabilité. Peut-être que simplement, puisqu’il nous revient de proposer quelque chose de vraiment intéressant, que l’engouement pour les concerts et les festivals ne se développera que quand nous aurons pris la peine de nous y attaquer. Donc le seul coup de gueule que j’aurais à pousser serait envers moi-même! Je crois simplement que je n’ai aucune leçon à donner. Si cela ne marche pas autant que l’on pourrait l’espérer, c’est une problématique qui commence entre moi et moi. C’est le seul stade auquel je peux avoir un réelle influence.


Crois tu que certaines scènes soient des passages obligés pour un artiste?
Des passages obligés, je ne sais pas mais des endroits très utiles, certainement! Quand tu te retrouves dans des endroits comme ici à Cahors et que tu as l’occasion de t’y produire, c’est un coup d’accélérateur. Tu viens ici, tu es super bien reçu, tu prends du plaisir en jouant, tu en donne, le public est réceptif, quoi de mieux? Dans ce cas, c’est beaucoup plus que des passages obligés, et j’essaie d’en faire un maximum. Par contre, je crois qu’il y a des étapes formatrices indispensables dans les catégories de scènes. Je pense par exemple que les bars sont des passages obligés dans l’apprentissage du métier: le bar c’est dur, c’est ingrat mais c’est une bonne école. Quand t’as fait 10 ans de bars du plus miteux aux plus classe, au rythme de 110 à 120 concerts par an, là tu peux dire que tu possèdes un bagage. Les tournées interminables, aller bosser à l’étranger notamment, se cramponner à son os, ça constitue les passages obligés d’un développement plus général.


Tu connaissais le Cahors Blues Festival?
Oui, je le connaissais: ce festival à une superbe image due a une réelle et efficace communication et je m’y suis déjà produit avec le Crawlin’ Kingsnake il y a 5 ans.

Donc tu as connu les boulevards, que penses tu de la nouvelle formule village?
Je trouve que ce concept est fort agréable. J’ai eu le sentiment, et quelqu’un le corroborait dans la rue ce matin, qu’il y a moins de monde que sur les boulevards. Mais ce n’est qu’une impression, c’est sûrement du au fait que la formule est toute neuve, il faut que cela démarre. Je trouve cela très bien et très convivial de tout concentrer sur un même lieu. Et l’accueil aussi est extraordinaire! Hier je discutais avec des bénévoles qui me disaient prendre une semaine de congé pour venir bosser ici, et que déjà leurs parents faisaient la même chose avant eux. Certains sont bénévoles ici depuis trois générations! C’est assez unique et incroyable, monter un événement de cette ampleur est une chose, qu’il perdure en est une autre. Tu te rends compte, 25 ans d’existence, ce sont des coriaces.

Dans ce milieu tu regrettes surtout l’incompétence, la lâcheté ou l’égoïsme?
Les trois sont de grosses punaises sur ta chaise. En y réfléchissant, l’incompétence est peut être le plus pardonnable. Parfois, derrière une certaine inexpérience, il y a une bonne intention.

Crois tu que le futur du blues, si il en a un, passe par l’Europe?
On est en 2004. Avec les moyens de communications actuels (internet, télécoms, autoroute, billets d’avion low cost etc) il passe plutôt par le monde!
Aujourd’hui, je crois que la notion de territoire aussi bien pour la musique que pour le reste appartient au passé. Au départ le blues était une musique folklorique noire américaine cantonnée dans le sud des USA. Au début du siècle, cette musique reflétait le quotidien pénible des populations noires soumises à l’esclavage. Quatre-vingts ans plus tard, le blues a pour réputation d’être une musique triste, ce qui est complètement faux. Cette musique souffre beaucoup de ses clichés. Elle est le miroir de la vie en perpétuelle évolution, et si ta vie est drôle ton blues sera drôle, si ta vie est joyeuse, ton blues sera festif et quand ta vie sera triste, ton blues se remplira de tristesse. Cette musique à une histoire, mais son boulet appartient au passé, ce que je dis avec le plus grand respect. Bientôt quatre-vingt-dix ans d’existence, d’histoire, cela veut dire aussi un chapitre contemporain qui nous appartient. Si on ne s’épuise pas a reproduire un schéma passéiste dans une démarche muséographique, alors à ce moment là le blues a tout l’avenir du monde devant lui!!! Tant que l’on continuera de le faire évoluer, en lui donnant une dimension contemporaine, le blues ne s’éteindra pas.

Autre chose. Dans l’esprit, tu te sentirais plus Stones ou plus Beatles?
Ta question soulève un débat très passionnant. Il y a plusieurs manière d’aborder tout ça. Je ne place pas les uns au dessus des autres, mais pour moi, la question revient à «te sens tu plus noir ou plus blanc?»
A mes yeux, notre contact avec la musique en général se distingue en deux approches distinctes: l’approche mélodique des Beatles, plutôt blanche, et puis l’approche rythmique, noire, celle des Stones qui par opposition utilisent une architecture harmonique plus dépouillée mais une structure rythmique plus affirmée.
Le Blues est une musique qui fonctionne sur le rythme et la simplicité de moyens. Regarde John Lee Hooker: techniquement, il apparaît assez limité, c’est-à-dire qu’on imagine mal qu’il devait connaître des tonnes de renversements sophistiqués. Et pourtant il balançait des songs monstrueuses! Le genre de groove qui t’attrape et qui ne te lâche pas. C’est cela qui m’intéresse, ce coté animal plutôt que l’approche millimétrée, voilà pourquoi je me sens absolument du côté des Stones. Le Blues est une musique noire, qui fonctionne comme cela. Si tu l’abordes du coté mélodique, à la Beatles, cela devient du British Blues et ce n’est pas ma tasse de thé. Quand bien même on invente dès lors une forme de blues «blanc»: c’est intéressant parce que ça fait avancer les choses, mais ce n’est pas pour moi.

Tu te sentirais justement plus proche de John Lee Hooker, d’Eric Clapton ou de BB King?
Clapton, non, justement!! Plus BB King pour son parcours, le coté carrière à la force du poignet. John Lee a eu une carrière différente. Et j’adore cette phrase du King, qui me revient toujours lorsque tu galères dans ce boulot, et qui résume pas mal de choses: «The blues ain’t no picnic».

Si tu étais une qualité, tu serais?
La persévérance, peut-être.

Si tu étais un défaut, tu serais?
L’insatisfaction.

Si tu avais un rêve inaccessible?
J’essaie d’avoir des rêves borderline. Situés à la limite de l’accessible et de l’inaccessible pour que cela m’entraîne vers le réalisable et que je ne sois pas insatisfait toute ma vie.

Quelque chose que tu adores?
Ce boulot!

A contrario quelque chose que tu détestes?
Certains jours, ce boulot!! Non je déconne… (rires). La bêtise sous toutes ses formes. Comme tout le monde.

En mon nom et celui du magazine Blues & Co, nous te remercions et te souhaitons un bon festival et bonne chance à Hotel Bravo dans l’Hexagone.
C’est moi qui te remercie Joël, ainsi que Blues & Co et tous les français bénévoles (ou non) qui comme toi font que notre musique puisse être découverte et continuer de se développer.


Cahors, juillet 04 / Joël Bizon


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Compte-rendu / Concert
Blues et technique: des noces d'or!


Blues et technique: des noces d'or!
Le Locle - En création au Casino le Chaux-de-Fonnier Napoleon Washington a donné un spectacle extraordinaire


"Il y a exactement vingt ans, j'habitais dans cette ville et j'ai rêvé que je jouerais ici au Casino. Vingt ans plus tard, ça a fini par se passer... C'est très touchant de vous voir tous ici ce soir!" Samedi soir, Napoleon Washington donnait une supplémentaire devant une salle presque pleine, et de fait, ne présenter cette création qu'une seule et unique fois, cela aurait été un beau gaspillage.

La scène s'ouvre sur un livre. L'enseigne "Napoleon Washington" s'affiche avec un look genre Wells Fargo. Et des portes s'ouvrent les unes après les autres, jusqu'à faire apparaître le chanteur dans des brumes crépusculaires, comme dans l'eau profonde d'un miroir. Etrange atmosphère. L'écran dressé devant la scène laisse tranparaître de vagues silhouettes et la lumière incertaine accompagne un blues songeur... Soudain, changement ton sur ton. La lumière flamboie, et Washington se lance dans un roboratif "Got yesterday behind".

Spectaculaire mise en scène, signée Sepia Productions, mêlant la musique, le rythme et le rêve, une poésie prenante superbement servie par une technique up to date! La voix, la présence du chanteur s'en trouvent ainsi magnifiées. Washington fait risette aux crocodiles avec sa voix de velours râpeux qui tout à coup s'envole d'une octave, yeah, feeling grooovy! Et puis il s'enfonce dans les parties les plus obscures de ces marécages, le vaudou... Dont l'angoisse, l'étrangeté sont portées par une symbolique proprement hallucinante. La scène vous fait froid dans le dos.

Napoelon Washington se balade sur les chemins de l'amour et du hasard, de la solitude, de l'exil, il chante cette neige qui n'en finit pas, il chante le petit caillou dans la chaussure qui gêne de plus en plus. Du blues de par ici et de par là, cette musique de la Nouvelle-Orléans, "la base sur laquelle nous nous préparons à devenir milliardaires, Christophe, Marc et moi-même!" Du même coup, il rend hommage à ses deux musiciens, Christophe Studer au piano et à l'orgue Hammond et Marc O. Jeanrenaud à la batterie. Un trio inédit et ô combien inspiré. Qui a donné une reprise inoubliable de "Good Night Irene", à la fin du concert, lorsque toutes les portes se sont refermées. /cld

[photo]
Napoleon Washington attitude: c'est une voix, une six-cordes qu'il aime d'amour, une philosophie "Let it roll". Et une élégance nonchalante...


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Concert
Un voyage avec air conditionné


Concert - Vendredi au Locle, Napoleon Washington défendra encore et toujours la musique qu'il aime. Un blues d'ici et d'aujourd'hui

Le blues, une musique réservée aux initiés? Le blues, une musique de Noirs née au siècle dernier et, de ce fait, reléguée dans un passé révolu? Le bluesman chaux-de-fonnier Napoleon Washington ne s'y résigne pas. Il tentera, une nouvelle fois, de combattre ces a priori vendredi prochain, sur la scène du Casino du Locle. Et il viendra. cette fois-ci, avec de solides rendorts: Christophe Studer, à l'orgue Hammond et au piano, et Marc O. Jeanrenaud, à la batterie et aux percussions.

Combattre les clichés
"le blues étouffe sous les clichés dont on l'a affublé, constate Napoleon Washington, Moi je crois que c'est une musique organique, basique, animale et belle dont les deux particularités les plus criantes sont l'économie de moyens et le fait qu'elle ait traversé plus de 80 ans d'histoire. Or on assiste à une confusionn entre économie de moyen et facilité d'exécution et entre histoire et passé".

Napoleon Washington, lui, est bien ancré dans son époque. Il ne chante ni les dur labeur dans les champs de coton, ni les peines de l'esclavage. Ce qui n'empêche pas son blues contemporain de s'inscrire dans le sillage de ses "ancêtres" noirs: "Ma musique doit beaucoup au blues, formellement peut-être, mais surtout par la démarche: la seule chose que je me doive de faire, c'est de me servir de ma propre vie, de mes propres amours, de mon regard sur ce qui m'entoure".

Géomètrie variable
Chanteur et guitariste, Napoleon Washington mise donc sur ses compositions originales, qu'il défend habituellement en solitaire. Cependant, la formule n'est pas rigide, elle évolue au gré des projets et des rencontres, comme l'illustrera ce prochain concert. "Marc O. Jeanrenaud est quelqu'un que je côtoie depuis dix ans, et que je continue de solliciter aussi souvent que possible (réd: tous deux étaient membres du Crawlin' Kingsnake Blues Band). J'essaie de privilégier une approche plutôt noire de la musique, à savoir, schématiquement, de placer le rythme avant la mélodie, J'ai pu développer ça en grande partie grâce à lui. Quant à Christophe Studer... C'est un foutu génie! Il n'aborde jamais les choses en pensant qu'elles sont faciles. Ni qu'elles sont difficiles d'ailleurs. Il rentre dedans et il regarde comment c'est fait".

D'une ampleur qui dépasse largement l'écoute d'un disque, ce concert propose d'autres passerelles pour mener l'auditoire au coeur du blues. A mi-chemin entre films d'animation et décors vidéo, des projections accompagneront une scénographie et un éclairage particulièrement soigné. "Je n'essaie pas de convaincre les gens que le blues contemporain n'est pas ce qu'ils imaginent. Je dis: si vous pensez que c'est inhospitalier, laissez-moi vous organiser un voyage avec air conditionné, boissons fraîches et sièges en cuir!" - DBO

[photo]
Marc O. Jeanrenaud, Napoleon Washington et Christophe Studer (de gauche à droite): unis pour défendre la cause du blues.


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Compte-rendu / festival
Cahors Blues Festival


Cahors Blues Festival du 14 au 18 Juillet

La 23ème édition du Cahors Blues Festival fut dédiée à son fondateur Gérard Tertre, décédé en décembre dernier. Cette année, concept différent, dû à une brouille avec les cafetiers de la ville, rendant impossible la mise en place du boulevard du blues. Plus que trois espaces scéniques. La scène principale de l'espace Caviole et les deux nouvelles qui jouxtaient les bords du Lot: les scènes Dobro et Juke Joint où se déroula la majorité des concerts. Ce magnifique cadre, coeur du festival, connut ambiance chaleureuse et moments forts.
DOBRO. Un endroit tout indiqué pour le Suisse Napoleon Washington qui y fit retentir ses guitares, son bottleneck et sa voix. La performance solo est difficile, lui y excelle grâce à son impressionnante dextérité au slide doublée d'une maîtrise du chant en anglais sur de nombreuses compositions qui font mouche.
... / Nicolas Teurtier


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Hotel Bravo
Serious Acoustic Blues


It was at a friend’s house one Sunday afternoon, sitting on the porch talking about plants, of all things. The music was on in the living room. About eight bars after CD changed I said. «What is THIS?» My friend proceeded to tell it was a pre-release copy on the Napoleon Washington CD, nobody is supposed to have it yet. In my most adult whimper I said, «But, I WANT it» He said «In good time, Grasshopper,» or something to that effect. Well, now I have it and it is a tasty acoustic slide resonator, recorded in a freight yard, under a bridge. How Blue is that?
The side opens with the bare bones Blues of Same Steel, a Washington original. Nothing here but washington on guitar and vocal. Deep, gutsy guitar and vocal. The rest of the band joins in for the haunting Dance On My Grave, most notably harp player Bonny B. A Hundred Days sounds more Piedmont in musical structure. Despite the slide guitar it’s almost mountain music. (My inside source tells me the drummer payed one song on a mutton roast to get a «nice, slapping effect». I bet this is the song).
The sole song on the recording that Washington did not write is Big Mama’s Door, an Alvin «Youngblood» Hart song. The previous versions I’ve heard of the tune are much more «Chicago», this one just hopped a freight in from the Delta.
This disc is serious acoustic Blues - well written and produced - but I knew it would be. Washington has toured the Tampa Bay area twice in his previous incarnation as Raph Bettex of the Crawlin’ Kingsnake Blues Band, (a Rock Bottom protege). Although this disc has received interest (and praise) from Bruce Iglauer at Alligator and Ruf records, it is an independent release, available only at napoleonwashington.com. I’d suggest you give it a listen.
George Willet, Twelve Bar Rag, Suncoast Blues Society, Mar/Apr 2003


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