L'empire de Napoleon Washington

L'EMPIRE DE NAPOLEON WASHINGTON

Blues - Le musicien Raph Bettex s'est livré à une expérience singulière, une semaine durant, sous le Grand Pont de La Chaux-de-Fonds. Une longue et irréelle semaine durant, du 22 au 28 juillet,...L'empire de Napoleon Washington*Reportage - enregistrement Hotel Bravo, L'Impartial / L'Express* Blues - Le musicien Raph Bettex s'est livré à une expérience singulière, une semaine durant, sous le Grand Pont de La Chaux-de-Fonds. Une longue et irréelle semaine durant, du 22 au 28 juillet, le bluesman Napoleon Washington (Raph Bettex dans une vie antérieure) a campé sous le Grand Pont, y enregistrant dans des conditions inédites la matière de son prochain album 100acoustique, "Hotel Bravo". Visite et impressions. Dans le prolongement de la gare aux marchandises de La Chaux-de-Fonds, l'arborescence des rails hasarde un vague point de fuite. Des wagons résignés à la rouille observent silencieusement un pâté d'entrepôts dont l'état de ruine ravive des souvenirs antiques de crashs boursiers, d'Amérique fracassée pour longtemps. On ralentit tout naturellement le pas, tant le décor appelle au voyage immobile. Sur le goudron, le ballast de ce no man's land, un dépôt de ferraille disparu a laissé sa signature: des milliers de minuscules éclats métalliques saupoudrent les lieux. Une mine à ciel ouvert, sans valeur. Le sentiment cinématographique croît encore lorsque parviennent aux oreilles sous une presque pluie les plaintes discrètes d'un blues immémorial dépouillé jusqu'à l'os. De la belle ouvrage Au prix de plusieurs centaines de mètres carrés d'épaisse toile noire, l'arche austère de Grand Pont a pris des allures de cathédrale zen pour nouveaux troglodytes. A demi caché derrière un buisson de coûteux micros Neumann, Napoleon Washington érafle l'étrange qualité de silence de cet espace plus ou moins clos, penché sur sa splendide Fine Resophonic. Conçue et gravée à son intention et selon les spécificités de son jeu par les luthiers parisiens Pierre Avocat et Mike Lewis, cette guitare au corps de métal est un démarquage raffiné des mythiques National d'antan - un rêve éveillé pour guitariste. Le camion tout proche abrite un studio mobile pourvu de multiples raffinements technologiques. Contraste. Rejoignant Fabian Schild (ingénieur du son) et le souriant Eric Laesser (producteur exécutif), l'espion s'y glisse pour savourer en primeur des "rough mixes" on ne peut plus convaincants. Le blues, donc. Tantôt dépouillé, tantôt d'une joviale vigueur, notamment dans les prises "live" en trio. Un blues qui se colore tour à tour de vaudou ou de gospel. De la belle ouvrage. Question d'identité Les anecdotes fusent les badauds interloqués, certains fidélisés, le bug informatique contrariant les overdubs de contrebasse de Marc Waeber, la voix papillonnante de la chanteuse autrichienne Diana Jirkuff, les exploits de l'harmoniciste Bonny B., les insolites trouvailles de percussion (le fidèle Marc Jeanrenaud a notamment utilisé un gigot d'agneau de quatre kilos pour obtenir ces claquements de main plus vrai que nature, un levier de cric en guise triangle, etc...). Il n'est pas qu'à la rumeur ectoplasmique de la circulation routière dont on conservera une trace subliminale restant à doser, à l'exception notable des ambulances. Le choix du cadre peut surprendre, mais il n'a rien de gratuit. Question d'atmosphère. C'est ici que sont nées, en été 2000, les chansons du futur album; sur le marchepied d'un wagon de marchandises devenu le refuge d'un artiste nourrissant une lassitude croissante pour le circuit des clubs et des bars au fur et à mesure que le happait le delta blues matriciel des origines. C'est ici que l'enregistrement donnerait tout son sens à ce nouveau matériel. Question d'identité. Quant au nouveau nom faussement fanfaron adopté par Raph Bettex, il est lui aussi chargé de sens: il fait référence aux doubles patronymes souvent grandioses- et aujourd'hui pittoresques - endossés par de nombreux esclaves à l'issue de la guerre de sécession (Moses, Lincoln, Freeman, etc.). En observant l'artiste se fondant encore un peu plus dans le décor qu'il s'est choisi, pendant une courte pause, une idée m'a traversé l'esprit. Un soir il s'est endormi guitariste de blues. Le lendemain, c'est un bluesman qui s'est réveillé. Ce qui est tout à fait différent. Miguel Angel Morales, l'Impartial/l'Express **Website created by Artinbox Multimedia.© 2010 - Napoleon Washington - Napoleon Washington
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Blues - Le musicien Raph Bettex s'est livré à une expérience singulière, une semaine durant, sous le Grand Pont de La Chaux-de-Fonds. Une longue et irréelle semaine durant, du 22 au 28 juillet,...

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