Mille jours. Ou un peu plus... trois ans ont conduit de
Hotel Bravo à Homegrown. Mille matins, mille soirs, mille nuits,
et tellement plus de rencontres, de rires, de larmes, de belles découvertes
et de leçons.
Douze compositions originales. Douze petites tranches de vie.
Et un morceau de Skip James. Washington: "Je m’en sers comme
d’un cheval de Troie, il est là pour dire d’où
je viens. Je n’ai rien inventé.". Une forme d'hommage,
alors? "Oui! Dans la vie, vous ne pourrez jamais remercier les gens
pour l'héritage qu'il vous laissent, puisque par définition,
ils ne sont plus là... dans la musique, vous pouvez. Je serais un
idiot de passer à côté de ça".
Homegrown a été enregistré en août 2005, à
New York, après dix-huit mois de préproduction en Suisse.
"J’avais envie d'enregistrer là-bas parce que cette ville
me semble être une métaphore de la planète, de mon monde
d'enracinement et de déracinement. Une concentration de vies, de
gens, de petites et de grandes histoires qui se succèdent et s’enchevêtrent
à la vitesse de la lumière. Autant d’éléments
issus de cultures différentes, serrés les uns contre les autres,
qui essaient de vivre ensemble: j’ai l’impression que ça
correspond à ma situation. Je suis né en Europe, mais la culture
dont je me suis nourri est apparue à 10’000 km de chez moi,
bien avant ma naissance... C’est un sacré grand écart
à vivre".
Les musiciens présents sur l'album ont été engagés
sur place: "Ce sont des gens qui pratiquent leur métier comme
ceux que l’on pourrait rencontrer sur un chantier naval. Il y a un
projet quelque part, on réunit une équipe des meilleurs artisans
disponibles et tout le monde bosse sur le bateau, qui ressemble parfois
au Titanic et parfois juste à une barque. Puis les gens s’en
vont, le bateau s’en va aussi, navigue, et tout recommence ailleurs...
Je trouve que cette façon de travailler mérite beaucoup de
respect.".
Et plus encore, Homegrown est né d'une prise de conscience: "je
fais un métier dans lequel on dispose des libertés qu'on se
donne. C'est une chance inouïe. Il faut la saisir."